Contre la politique générale de la bourgeoisie, celle de Macron-Barnier-Le Pen, la politique générale des travailleur·se·s et de la jeunesse
L’assemblée a jugé bon, à l’ouverture de la séance du discours de politique générale de Barnier mardi 1er octobre, de rendre hommage à Philippine en commençant par une minute de silence qui prétendait exprimer toute la compassion que suscite un crime aussi effroyable. Sauf que cet hommage relayait l’instrumentalisation raciste et xénophobe par l’extrême droite de ce meurtre attribué à un étranger sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Ceux qui composent en grande partie cette assemblée réactionnaire n’ont d’intérêt pour les plus modestes et les victimes que si elles leur donnent l’occasion de déverser les pires préjugés comme ils l’ont fait tout au long de cette séance où Barnier a déroulé son projet d’austérité, sécuritaire, anti-immigrés et anti-ouvriers au service des classes dominantes que le bloc réactionnaire cherche à imposer au monde du travail.
Un exercice d’équilibriste, notait la presse, pour le chef du gouvernement en sursis qui consistait à trouver un consensus acceptable par l’ensemble des clans rivaux des macronistes au RN afin d’éviter la censure. Il a joué l’homme d’expérience, de bon sens, proche des préoccupations de la population, l’homme de dialogue avec les partenaires sociaux, jouant un simulacre d’ouverture à des mesures de justice sociale pour contrebalancer les brutales attaques de son programme, de crainte de provoquer la révolte et les réactions des travailleur·se·s, de la jeunesse et des classes populaires. Il a aussi été contraint d’annoncer l’abandon de la réforme du corps électoral et le report des élections locales en Kanaky où la domination de l’Etat colonial a provoqué le soulèvement de la population kanak, brutalement réprimée.
Présentation de notre brochure : Déroute du capitalisme, guerres et menace de l’extrême droite,impuissance du NFP et des appareils syndicaux ou les bases d’un parti des travailleurs
La montée de l’extrême droite, des idées et des forces réactionnaires, du nationalisme et des préjugés xénophobes et racistes, ici ainsi qu’en Europe et dans l’ensemble des vieilles puissances impérialistes réunies dans l’Otan, n’est pas un simple épisode d’une crise chronique mais bien le symptôme d’une maladie profonde qui se développe au sein des citadelles capitalistes et menace l’ensemble des nations intégrées au marché mondial du capitalisme financiarisé mondialisé.
L’assemblée générale de l’ONU, tribune des va-t-en guerre Netanyahou, Zélensky et de leurs soutiens les USA et l’Otan
Vendredi dernier, juste après que Netanyahou eut fini, sous les huées et dans une salle vidée aux trois quarts de ses délégations, son discours provocateur et agressif à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, l’armée israélienne annonçait avoir détruit le quartier général du Hezbollah à Beyrouth, assassinant comme on l’a appris plus tard son dirigeant Nasrallah. Des explosions terribles qui ont rasé six immeubles d’habitation, tué 300 personne et qui viennent après une semaine de raids aériens et de frappes meurtrières qui ont fait plus de 700 morts et des milliers de blessés, provoquant un exode qui s’élèverait à près d’un million de personnes.
Le front réactionnaire Macron-Barnier-Le Pen enfant du front républicain ! Pour un front de classe en rupture avec le mirage parlementaire et le dialogue social...
« Un temps nouveau s’ouvre pour le pays. Je serai là pour vous aider à réussir », aurait déclaré Macron lors du premier conseil des ministres intérimaires les appelant à « faire preuve d’esprit de dialogue. » Les temps nouveaux que Macron appelle de ses vœux sont ceux d’un capitalisme offensif et encore plus arrogant, militariste, nationaliste dont les zélés serviteurs soient toutes et tous alignés sur le consensus national que le front de la réaction entend instaurer : la défense de l’occident, des privilèges de la grande bourgeoise, enrôlant la petite prise de peur devant les menaces que leur politique fait peser sur son avenir, pour mener sa guerre sociale, nationaliste et xénophobe, policière et militaire contre les travailleurs et les peuples.
Pour un pôle démocratique des révolutionnaires instrument de la construction d’un parti des travailleur·es par les travailleur·es eux-mêmes
Contribution aux discussions au sein du NPA-R
1) L’effondrement de Macron depuis sa déroute électorale jusqu’à la nomination de Barnier comme Premier ministre avec la bienveillance du RN avant que l’échec de la manœuvre ne le contraigne probablement à la démission à moins que lui-même ne réussisse à réaliser l’union des droites est un moment d’une crise politique chronique. Du discrédit de la droite et de la gauche, qui avaient cohabité ou s’étaient succédé au gouvernement pour mener l’offensive des classes dominantes contre le monde du travail, à la montée de l’extrême-droite en passant par le ni droite ni gauche de Macron, il y a la continuité du discrédit des partis parlementaires et de la démocratie parlementaire bourgeoise instrument docile de la politique du capital.
Barnier, Premier ministre d’un gouvernement intérimaire, sans majorité, dépendant du bon vouloir de Le Pen...
Le mercato ministériel est donc, momentanément, clos avec un retard sur le début de la saison mais le club de la réaction a quelques difficultés à se répartir les postes et les sinécures et manque aussi d’enthousiasme, plus personne ne croit à l’avenir du manager. Même si ce gouvernement, coalition de perdants recrutés dans les fonds de tiroir de la droite la plus rance à l’image de Retailleau, n’est plus démissionnaire, son avenir est des plus hypothétiques. L’attelage est tellement incertain que Barnier a eu besoin d’inventer un ministère délégué à la coordination gouvernementale !
Aussi réactionnaire et anti-ouvrière, antisociale, xénophobe que sera sa politique, son sort dépend du bon vouloir et des choix du RN qui cherchera à le plier à sa politique pour le démettre, le moment venu, en fonction de ses calculs électoraux.
Guerres d’Israël, d’Ukraine, une escalade guerrière sans fin sous l’égide des Etats-Unis et de l’Otan
Les attaques terroristes menées par Israël contre des milliers de membres du Hezbollah les 17 et 18 septembre en faisant exploser simultanément leurs bipeurs mardi et leurs talkies-walkies mercredi alors qu’ils pouvaient se trouver dans des lieux publics, ont semé le chaos à Beyrouth et l’effroi parmi la population libanaise. Ces attentats préparés minutieusement depuis des mois ont causé la mort de 39 personnes et en ont blessé près de 3000.
« Ce qui s’est passé pourrait être qualifié de déclaration de guerre. Nous ne tomberons pas. Nous deviendrons plus forts. Nous nous préparerons à affronter pire. […] Le châtiment viendra. », a déclaré le lendemain le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah alors que l’aviation israélienne avait lancé dans la nuit précédente des frappes contre 7 sites de la milice au Liban sud et ses avions de chasse franchi le mur du son au moment de son allocution. Vendredi, c’est le chef d’une unité d’élite du Hezbollah et son second qui ont été assassinés par une nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait 45 morts dont 16 cadres du Hezbollah et des dizaines de blessés.
Des violeurs en série dont Gisèle Pélicot a été la victime à l’abbé Pierre, la violence du patriarcat au cœur de la société capitaliste et de toutes les religions
« Je souhaite remercier toutes les personnes qui m'ont témoigné leur soutien depuis le début de cette épreuve et plus particulièrement celles et ceux qui ont pris le temps de se réunir samedi dernier à travers toute la France. J'ai été profondément touchée par cet élan qui me donne une responsabilité » a déclaré Gisèle Pélicot lors de la reprise lundi dernier du procès de son ex-mari Dominique Pélicot et de 51 autres hommes qui l’ont violée pendant dix ans alors qu’elle était droguée, inconsciente.
« Grâce à vous tous, j'ai la force de mener ce combat jusqu'au bout, ce combat que je dédie à toutes les personnes, femmes et hommes, qui à travers le monde sont victimes de violences sexuelles », a-t-elle poursuivi. « À toutes ces victimes, je veux leur dire aujourd'hui : Regardez autour de vous, vous n'êtes pas seules ».
L’attelage réactionnaire Macron-Barnier-Le Pen et la mascarade parlementaire ne pourront étouffer la colère
L’installation du gouvernement prendra plus de temps que prévu a déclaré Barnier en plein mercato pour trouver les ministres de son gouvernement « équilibré, représentatif, pluriel ». Une mascarade institutionnelle au cours de laquelle Macron, en pleine déroute, cherche toujours à paraître au-dessus de la mêlée en laissant Barnier seul à la manœuvre. D’autant que la fable de ce gouvernement « le plus large possible » paraît plus qu’improbable, tellement il se résume à un attelage Macron-Barnier-Le Pen pour le moins discordant.
A gauche, seule Ségolène Royal a répondu aux avances de Barnier… Visiblement, personne ne veut se griller dans un tel gouvernement dont la durée de vie ne dépendra que du bon vouloir du RN.
Au niveau des députés Renaissance-EPR, l’accueil est pour le moins mitigé. Attal, devenu patron du groupe à l’Assemblée nationale, fait mine de défendre une politique indépendante de Barnier en déclarant qu’il n’y a « ni volonté de blocage, ni soutien inconditionnel », pendant que Darmanin semble bien décidé à entrer dans le nouveau gouvernement. Le camp présidentiel, ruiné par la politique de Macron, éclate sous la pression des calculs de pouvoir et des arrivismes en tout genre.
Déroute du capitalisme, guerres et menace de l’extrême droite, impuissance du NFP et des appareils syndicaux ou les bases d’un parti des travailleurs
La période historique de la faillite en cours du capitalisme financiarisé mondialisé ainsi que la crise politique chronique dans laquelle sont engagées les puissances capitalistes occidentales, ici l’imposture Macron-Barnier-Le Pen, posent à nouveau et en termes nouveaux la question du parti du monde du travail comme la question centrale.
Le plus souvent le mouvement révolutionnaire discute de la construction du parti de façon ahistorique, construire le parti est un impératif catégorique hors du temps, voire une œuvre messianique organisée autour de la proclamation du parti communiste révolutionnaire.
Or la possibilité que puisse se constituer un parti du monde du travail est une question concrète et historique qui ne dépend pas du seul volontarisme de quelques groupes révolutionnaires.