« Lubrizol coupable - Etat complice ! » Pour le contrôle démocratique des salariés et de la population sur l’économie
Depuis plus d’une semaine, malgré la multiplication des propos rassurants du préfet et des ministres, la colère et l’inquiétude grandissent après l’incendie catastrophique de l’usine, classée Seveso, Lubrizol.
Comment les croire quand leurs déclarations ne cherchent qu’à minimiser les risques et surtout à masquer leur incapacité à faire respecter leurs propres réglementations à cette multinationale ?
Mardi matin, Agnès Buzyn, ministre de la santé, osait affirmer : « cette pollution qui est réelle (…) n’entraîne pas de risques pour la santé » … alors que maux de tête et vomissements perdurent et que la consommation des produits agricoles est interdite sur 112 communes. Suite à la publication de la liste des produits chimiques ayant brûlé, le préfet a fait cette déclaration stupide : « tous les produits ne sont pas dangereux » certes, pas tous ! D’autant qu’il est bien incapable de dire quelles molécules ont pu apparaître dans la combustion de leur mélange et qu’il a dû reconnaître, samedi, qu’un entrepôt voisin avait aussi brûlé et personne ne sait ni la quantité ni la nature des produits.
Chine : de la révolution à la grande puissance capitaliste en passant par le mythe d’une Chine communiste
Inauguration du plus grand aéroport du monde à Pékin quelques jours auparavant, spectacles grandioses le jour même avec 100 000 figurants, des défilés militaires imposants, 15 000 soldats et des armes dernier cri dont des missiles intercontinentaux, le régime chinois a fait du 70ème anniversaire de la naissance de la « République populaire » l’exaltation de la puissance de la Chine, première puissance industrielle et deuxième économie du monde. Une mise en scène du « rêve chinois » de Xi-Jiping, « le socialisme à la chinoise du 21è siècle », de quoi conforter les sentiments de fierté nationale de centaines de millions de Chinois qui ont accédé à la modernité, fierté d’être devenue, de la « colonie de toutes les nations », comme le disait le dirigeant de la première révolution chinoise Sun Yat Sen, une des premières puissances mondiales. Xi Jiping, à qui le parlement a permis de rester président à vie en supprimant le nombre maximum de mandats l’an dernier, présidait les cérémonies. Un immense portrait de lui, reproduit aussi à plusieurs endroits de la place Tiananmen, était porté en tête des défilés.
La mort de Chirac, la cohabitation droite-gauche, Macron… ou la continuité de l’État au service du capital
La mort de Chirac nous vaut un tsunami d’hommages tous plus flagorneurs et complaisants les uns que les autres, d’analyses sur sa « personnalité complexe »... Ainsi, Le Monde se penche sur « la vie de cet animal politique » : « Avec lui, c’est toute une époque qui s’efface : cette France de la guerre et de l’après-guerre, du gaullisme triomphant et finissant, de la décolonisation et des «trente glorieuses», de l’alternance et des cohabitations, du chômage de masse et de la mondialisation, de l’aventure européenne et de son enlisement. »
Cette « époque» n’a pas attendu la mort de Chirac pour... s’effacer. Ce dernier, comme tous les politiciens, a soumis ses ambitions et sa carrière politique à servir les intérêts de la grande bourgeoisie pour faire face aux bouleversements profonds provoqués par la crise du capitalisme des années 1970. Ses seuls mérites sont un carriérisme sans limites associé à une souplesse et un opportunisme tout aussi sans limites, des talents qui lui ont permis d’être au centre des politiques mises en œuvre par la bourgeoisie contre les travailleurs et les classes populaires, avec Mitterrand, le principal acteur de la cohabitation droite-gauche.
Catastrophe de Rouen, réchauffement climatique, Greta Thunberg a raison, les dirigeants de ce monde sont des menteurs et des irresponsables...
Il aura fallu plus de 10 heures aux 200 pompiers mobilisés pour maîtriser, jeudi 26 septembre, l’incendie qui a ravagé l’usine Lubrizol de Rouen, usine classée Seveso, située près d’un quartier résidentiel, à deux kilomètres du centre historique.
Même si le pire a été évité grâce à l’intervention des salariés et des pompiers qui ont réussi à tenir à l’écart des flammes les produits les plus dangereux, l’incendie a provoqué un épais nuage de fumée noire d’une vingtaine de kilomètres de long entraînant des retombées de résidus d’hydrocarbures sur toute l’agglomération et même bien au-delà…
Mensonges et opacité des autorités pour couvrir l’irresponsabilité d’une multinationale
Le préfet et Castaner, venus sur place, ont multiplié les déclarations rassurantes sur ce nuage « forcément anxiogène »… mais, selon eux, sans « élément qui permette de penser qu’il y a un risque lié aux fumées ». A les croire « c’est sans danger ! » mais en même temps, ils ont décidé, dans treize communes la fermeture préventive des écoles, collèges, lycées, le confinement dans les EHPAD et ils ont conseillé aux habitants d’ « éviter les déplacements non indispensables »
Face au capitalisme menacé de faillite, la contre offensive des travailleurs et la nécessité d’un parti
Selon un rapport récent de L’OCDE la croissance mondiale devrait s'établir à 2,9 % cette année, au plus bas depuis dix ans. Alors qu’ici comme dans le monde entier les dividendes explosent, l’économie ralentit, les investissements productifs reculent. Les discours alarmistes sur la récession en cours ou la menace d’une crise financière majeure alimentent les chroniques économiques.
La politique d’argent gratuit mené par les banques centrales se généralise et s’accentue. Les taux nuls ou négatifs qu’elles pratiquent vis-à-vis des banques privées s’étendent maintenant aux prêts de ces dernières aux États et aux grandes entreprises. En trois jours, suite à la destruction par des drones d’une partie de l’appareil pétrolier de l’Arabie saoudite, la Fed a injecté prés de 200 milliards de dollars dans les circuits financiers pour permettre aux banques de fonctionner. Tout pour éviter une panique financière.
Contre les agressions du pouvoir des privilégiés et des riches, pour les retraites, le 24 et après faisons converger les colères
La grève massive des travailleurs de la RATP, la semaine dernière, est un avertissement pour le gouvernement, un encouragement pour l’ensemble des salariés à se mobiliser. Toutes catégories confondues, ils ont démontré la force des travailleurs quand ils se mettent en grève et prennent eux-mêmes en main leurs affaires. Ils ont montré ce que pourrait être un mouvement d’ensemble si nous réussissions à nous unir, à surmonter les divisions catégorielles et professionnelles, privé-public et, surtout, les divisions et la passivité des directions syndicales. Et c’est bien la préparation d’un tel mouvement de grève face à l’offensive du gouvernement et du patronat contre les retraites qui est nécessaire.
Ils le craignent et c’est pour ça qu’ils déploient non seulement leur police comme samedi pour intimider, réprimer mais aussi tous leurs talents hypocrites, avec la complicité active des médias, pour diviser. Que n’a-t-on entendu contre les salariés de la RATP désignés à la vindicte populaire comme des privilégiés !
« Il n’y a pas de planète B », urgence de la transition socialiste
1,4 million de manifestants à travers l’Allemagne, 400 000 en Australie, 250 000 dans les rues de New York, 100 000 à Londres, 10 000 à Paris, des milliers de manifestants au Japon, en Inde, aux Philippines, au Pakistan ou encore en Thaïlande… A travers près de 6000 actions dans plus de 150 pays, sur tous les continents, ce sont plus de quatre millions de manifestants, lycéens et étudiants en majorité, qui ont fait de ce vendredi 20 septembre, le troisième « Friday for Future » de « grève pour le climat » lancée par la jeune militante suédoise, Greta Thunberg, la plus massive mobilisation jamais organisée pour dénoncer l’inaction des gouvernements face au réchauffement climatique.
La mobilisation s’est poursuivie le lendemain avec à travers le monde de nouvelles « marches pour le climat ». A Paris la « marche pour le climat et la justice sociale » en convergence avec l’acte 45 des Gilets jaunes -16 000 manifestants-, s’est retrouvée confrontée à une répression policière qui révèle bien, derrière les discours sur la planète, à quel point le gouvernement Macron craint la convergence des colères…
Au cœur des mobilisations comme sur le terrain politique, aider au regroupement pour porter les exigences du monde du travail
La grève de l’écrasante majorité des personnels, techniciens, cadres de la RATP a donné le coup d’envoi des mobilisations contre la casse des retraites et des « régimes spéciaux ». L’annonce, sous la pression des grévistes rassemblés devant le siège de la RATP, de la perspective d’une grève reconductible d’ici décembre, malgré la frilosité, la réticence et les limites que voudraient y mettre les appareils syndicaux, est un point d’appui, un encouragement pour toutes celles et ceux qui veulent se battre et cherchent à dépasser la politique d’émiettement des luttes que mènent les principaux syndicats. Une aspiration également portée par la manifestation de « convergence des colères » des gilets jaunes samedi à Nantes. La journée nationale et interprofessionnelle du 24 appelée initialement par la CGT à laquelle SUD Rail et Solidaires viennent de se joindre en sera une prochaine étape.
En face, patronat et gouvernement ont redoublé leur propagande grossière pour l’« équité », contre « les privilèges »… des régimes spéciaux ! Mais le timing tombe mal alors qu’une succession d’affaires fait la Une, de l’ami intime de Sarkozy, Balkany, enfin sous les verrous, aux Fillon, Le Pen and Co mis en examen pour « détournement d’argent public », et à Ferrand, président de l’Assemblée nationale, protégé de Macron et ancien ministre, resté en poste bien que mis en examen pour « prise illégale d’intérêts »…
Alors oui, il y a un profond sentiment d’injustice, de ras le bol face aux « privilèges » et à l’incurie des classes dominantes et de leurs serviteurs. Et il n’est pas banal que dans les salons dorés de la République, la plupart des députés fassent corps face à la justice défendant, de Mélenchon à Le Pen, la « présomption d’innocence ».
Brexit, coup de force, mascarade parlementaire, une offensive contre les travailleurs et les classes populaires
Boris Johnson a donc demandé à la reine d’user d’une de ses prérogatives fort peu démocratiques pour suspendre le Parlement britannique pour 5 semaines, jusqu’au 14 octobre, le temps pour lui, espère-t-il, d’imposer une sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne le 31 octobre. Ce coup de force a plongé le monde politique de Westminster dans une grande agitation désordonnée. La cour d’appel écossaise a jugé cette décision illégale car ayant « pour but d’entraver le Parlement ». Le gouvernement a fait appel et le Premier ministre est accusé d’avoir trompé la reine sur ses intentions...
« Do or die »...
Arrivé au pouvoir en juillet suite à la déroute de Theresa May en promettant le Brexit d’ici le 31 octobre quoi qu’il en coûte, « do or die », faire ou mourir, Boris Johnson semble s’être lui-même pris au piège de ses propres calculs et ambitions à s’imposer comme l’homme à poigne. Celui que les manifestants appellent le clown a, en une semaine, perdu six votes d’affilée à la Chambre des communes. Sa motion pour obtenir des élections anticipées a été rejetée. Le texte contre le « no deal » a été adopté et le contraint à solliciter un report du Brexit auprès de l’UE jusqu’à fin janvier 2020 si aucun accord n’est trouvé avec Bruxelles. Ce à quoi il réitère son opposition farouche en vue du prochain Conseil européen, qui se tiendra les 17 et 18 octobre. Un des principaux points de blocage est la question dite du « Blockstop » qui inclurait après le Brexit l’Irlande du Nord, province britannique, dans une union douanière avec l’Irlande, membre de l’UE, alors que les souverainistes veulent réinstaurer une frontière physique.
Pour répondre à la cohérence des attaques, construire la cohérence de la riposte…
En cette rentrée, un vent nouveau a commencé de souffler. Dans la continuité des derniers mois, des manifestations de gilets jaunes, d’équipes militantes, de travailleurs, ont eu lieu samedi dans plusieurs grandes villes. Le besoin d’une politique pour donner une cohérence à l’ensemble des mobilisations et des mécontentements pour affronter le gouvernement, le patronat, les gros actionnaires s’affirme.
Par crainte que cette colère ne se cristallise, Macron veut prendre son temps pour mener l’offensive sur les retraites. En annonçant que « rien n’est décidé », il a reporté après les municipales le vote de la réforme. Il veut aussi prendre le temps d’associer à sa politique des directions syndicales dont la seule boussole est leurs intérêts d’appareil et tenter de façonner l’opinion, de la plier aux exigences de la finance.
A l’opposé, c’est sans attendre qu’il est nécessaire de prendre appui sur l’expérience des mois passés, pour œuvrer à la prise de conscience qu’il n’y a pas d’autre solution pour stopper la régression sociale qu’un mouvement d’ensemble qui conteste radicalement la logique du profit.