Des gilets jaunes à « Bloquons tout » et après, le besoin de s’organiser démocratiquement pour combattre l’offensive des milliardaires et de leurs serviteurs
A l’Assemblée, où se poursuit le spectacle bien huilé du jeu de dupes parlementaire, se discutent les intérêts des milliardaires et du grand patronat, au nom de « l’économie nationale », c’est-à-dire des profits des classes possédantes, censés bénéficier au monde du travail en créant des emplois et plus de salaire. Vaste imposture qui voudrait faire accepter le hold-up des super-riches sur l’économie sous le prétexte mensonger que leurs profits ruisselleraient sur ceux d’en bas.
L’étalage de la fortune des milliardaires, de leurs multiples privilèges et avantages, le pillage des richesses et des caisses publiques par la minorité parasite, alors que le monde du travail s’enfonce dans la régression sociale, suscite une révolte profonde parmi les travailleur·es et dans les classes populaires, celles et ceux qui créent les richesses et font tourner la société.
New York n’est pas devenue communiste un soir d’élection ou le délire réactionnaire et maccarthyste de Trump face à la vague de contestation du pouvoir des milliardaires
La victoire de Mamdani à l’élection municipale de la plus grande ville des Etats-Unis, capitale financière de la planète, New York, est un camouflet pour Trump mais aussi pour l’establishment démocrate. Totalement inconnu il y a encore un an, membre des Démocrates socialistes d’Amérique, DSA, la gauche du Parti démocrate, né en Ouganda et musulman, fils d’immigré indien, dénoncé par Trump comme « communiste fou à 100 % », Mamdani a recueilli 50,4 % des voix avec une participation record depuis des décennies, plus de 2 millions de votants soit 2 fois plus que lors du précédent scrutin. Il bat Andrew Cuomo, l’ancien gouverneur démocrate de l’État qui avait dû démissionner à la suite d’accusations de harcèlement sexuel et qui se présentait en indépendant après avoir été défait à la primaire démocrate, en juin, par Mamdani. Alors que le maire démocrate sortant, Eric Adams, avait dû renoncer à se présenter, plombé par des accusations de corruption, Andrew Cuomo recevait le soutien financier colossal de plusieurs milliardaires et celui de Trump, boycottant le candidat républicain, de Musk et JD Vance... Un concentré de la corruption du Parti démocrate qui a gardé ses distances vis-à-vis de la candidature de Mamdani.
Surchauffe, financiarisation, guerre pour les profits, spéculations, la folle course du capitalisme vers le krach
« Le monde de la finance danse sur un volcan », titrait Martine Orange dans Médiapart lundi 27 octobre. Du risque majeur de krach financier qui menace d’effondrement le secteur de l’intelligence artificielle à la secousse qui a traversé le système bancaire US après la faillite de deux sociétés, First Brands et Tricolor, en passant par les perturbations créées par la politique de Trump et le « shutdown », tout semble réuni pour que le château de cartes s’écroule. « Tous les ingrédients sont réunis pour déclencher une crise majeure : il suffit d’une étincelle pour que la situation dégénère », prévient le dirigeant d’une société de gestion d’actifs.
Les parlementaires s’écharpent pour servir au mieux les milliardaires et les riches qui nous font la guerre, une farce sinistre et cynique !
Le débat budgétaire a commencé lundi dernier à l’Assemblée. Lecornu, impuissant devant la censure, voudrait contraindre les députés à « prendre leurs responsabilités », c’est-à-dire leur faire avaliser l’essentiel de son budget de guerre contre le monde du travail.
Tractations secrètes entre groupes, petites négociations et chantages, faux-semblants et vraie farce, les partis donnent le spectacle ridicule d’une gué-guerre sans merci, alors que tous sont d’accord sur le fond pour faire payer la dette et les restrictions budgétaires aux travailleur·es et aux classes populaires, pour préserver les milliardaires et le grand patronat, au nom de la compétitivité des entreprises et de « l’intérêt national ».
Contre l’acharnement réactionnaire et colonial de la France, solidarité avec les Kanak en lutte pour l’indépendance
Du 27 au 29 octobre, l’Assemblée et le Sénat ont voté le report à l’été prochain des élections provinciales qui devaient se tenir en novembre en Kanaky-Nouvelle Calédonie.
Le gouvernement français, même affaibli et instable, même après avoir écarté Valls qui l’a amèrement regretté, garde le cap. Lecornu l’a déclaré dans son premier discours en tant que Premier ministre : ce vote et la mise dans la Constitution de l’accord de Bougival étaient sa deuxième priorité après le vote du budget.
Entre ses intérêts nationaux, « les tempêtes rageuses » de la mondialisation financiarisée, « la terreur économique » de Trump et le prolétariat chinois, la dictature bonapartiste de Xi Jinping déstabilisée
Alors que Xi Jinping venait de conclure le 4ème Plénum du PCC pour renforcer son pouvoir à coup de purges et préparer une « économie de combat », et que de son côté, Trump achevait une tournée en Asie pour renforcer les accords commerciaux et les alliances des USA, leur rencontre le jeudi 30 octobre a été qualifiée de « pause » dans l’escalade de la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales.
Juste avant, Trump avait annoncé « nous voulons faire un deal » en guise d’apaisement le dimanche… avant de brandir la menace ultime, la reprise des essais d’armes nucléaires le mercredi : « je n’avais pas le choix ! La Russie est deuxième et la Chine loin derrière, mais elles seront à égalité d’ici à cinq ans ».
« No Kings », succès des manifestations anti-Trump aux USA ou la longue marche vers une nouvelle révolution…
Samedi dernier, des millions de manifestants se sont rassemblés dans 2700 grandes et petites villes des États-Unis, en continuité du mouvement « No Kings » qui avait regroupé en juin entre 5 et 11 millions de personnes. Le slogan « No Kings », « Pas de rois », fait référence à la Révolution américaine, fin XVIIIè siècle, contre la tyrannie de la monarchie anglaise, pour défendre la constitution vue comme un rempart contre la politique de Trump pour imposer sa dictature.
Au-delà de ces illusions, conséquences de la politique du Parti démocrate cherchant à contrôler la mobilisation, ces manifestations reflètent l’opposition populaire grandissante aux atteintes portées par Trump aux droits démocratiques. Elles expriment l’indignation face au génocide en cours à Gaza ; la colère suscitée par les expulsions de masse de migrant·es ; la résistance aux licenciements collectifs de fonctionnaires fédéraux et à la destruction d’emplois et de programmes sociaux, notamment la sécurité sociale, Medicare et Medicaid.
Madagascar, la révolte populaire et la Gen Z confrontées à la question des rapports de classes et du pouvoir
Quelques jours à peine après l’investiture d’un colonel président, Randrianirina, et d’un premier ministre, Rajaonarivelo, ancien dirigeant dans le secteur bancaire et président du patronat, la révolte populaire commence à faire entendre ses critiques contre ces « nouveaux » qui défendent les mêmes intérêts de classe que les précédents. Les manifestants sont redescendus dans la rue mercredi. Aussitôt, un autre militaire, le général Bernardin Rafidison est venu s’adresser à eux sur la Place du 13-mai, lieu central du mouvement, pour dénoncer la trahison des promesses faites au peuple…
Les classes dominantes malgaches, avec l’appui de toutes les ambassades, pensaient avoir calmé la crise révolutionnaire, imposé l’ordre et la stabilité, il n’en est rien. Aucune des causes de l’insurrection populaire n’est résolue, ni la misère, ni la corruption, ni l’absence de démocratie, ni les séquelles de la domination impérialiste particulièrement pourrie de la France.
La débâcle du capitalisme et de ses institutions pose la question de qui dirige la société au service de quelle classe, le travail ou le capital ?
Lecornu a donc été sauvé de la censure par le PS. « Il existe une majorité absolue à l’Assemblée qui ne veut pas la dissolution » avait-il annoncé… Une majorité pétrifiée par le discrédit, l’effondrement de la « démocratie parlementaire » et des partis qui, ensemble ou à tour de rôle, ont mené l’offensive au gouvernement contre les travailleur·es. La farce de la macronie a fait long feu, qui prétendait dépasser les clivages, apporter la stabilité nécessaire aux classes dominantes pour mener l’offensive pour le maintien de leurs profits et de leur système.
Le « sauvetage » de Lecornu, loin d’être une pause dans la crise, en est au contraire une nouvelle étape alors que l’extrême-droite se prépare. Les effets de manche « républicains » à l’Assemblée ou ailleurs n’en sont que plus dérisoires.
La ruée vers l’or, le retour de la « vieille relique barbare », symptôme de sénilité du capitalisme mondial
« Le chaos financier mondial propulse l’or à plus de 4000 dollars l’once » titraient Les Echos du 7 octobre. Un record absolu résultat de plus de 50 % de hausse depuis le début de l’année, du « jamais vu » selon un spécialiste des marchés financiers. Keynes, économiste de la bourgeoisie dans la période marquée par la grande crise de 1929, qualifiait ce dernier de « vieille relique barbare », inventée par la superstition des bourgeois devant la menace d’effondrement du capitalisme.
Pour Les Echos, cette hausse « reflète les tensions géopolitiques et économiques ainsi que la défiance croissante envers le dollar ». Le FMI et la Banque d’Angleterre, ce même 7 octobre, s’inquiétaient de la menace d’une « forte correction boursière » du fait d’une hausse de plus en plus irrationnelle des valorisations boursières, en particulier de la Big Tech US, malgré une « incertitude substantielle persistante quant aux perspectives macroéconomiques mondiales ».