Mardi dernier, sur RMC et BFM, Bayrou a décliné les grandes lignes d’un plan d’austérité renforcée contre les travailleurs et la population au nom de la réduction des déficits et de la dette, un « Himalaya » a-t-il dit. Alors que des coupes de 40 milliards dans les dépenses publiques sur le budget 2026 ont déjà été envisagées, il proposera début juillet un « plan de retour à l’équilibre des finances publiques sur trois ou quatre années ». Sans doute espère-t-il en posant à l’homme d’Etat responsable qui ose affronter l’impopularité au nom de l’« intérêt national », c’est-à-dire celui du capital, sauver sa place et survivre à une motion de censure annoncée. Qu’importent ses calculs, toujours est-il que la politique qu’il prétend mettre en place répond aux demandes de la bourgeoisie. Quelques jours avant son annonce, le FMI, protecteur de la finance internationale, avait publié ses recommandations à l’État français lui préconisant des « efforts cruciaux » et des « réformes structurelles » -dans la Fonction publique, sur les retraites et la protection sociale.

« C’est une honte » avait dit Macron face aux nouveaux drames insoutenables provoqués par l’intensification de la guerre génocidaire d’Israël. Il prétend aujourd’hui que la reconnaissance d’un Etat palestinien est « un devoir moral », ce qu’il n’a toujours pas fait, affichant sans scrupule le masque de son hypocrisie moraliste avec des insultes en guise de réponse de Netanyahou. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a dénoncé « la violence aveugle et le blocage de l’aide humanitaire » à Gaza devenue « un mouroir, pour ne pas dire un cimetière » en participant à une déclaration commune du Royaume-Uni, de la France et du Canada s’indignant de l’intolérable « niveau de souffrance humaine à Gaza ». « L’intensification des opérations militaires d’Israël à Gaza, visant des infrastructures civiles - dont une école servant de refuge à des familles palestiniennes déplacées - et provoquant la mort de civils, y compris des enfants, est odieuse », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cette dénonciation n’entache en rien son soutien à Israël qui ainsi que le déclarait le chef de la diplomatie allemande « ne doit pas être instrumentalisé au profit de la guerre » !

Retailleau, par ailleurs ministre de l’Intérieur, a donc été élu président des LR écartant son comparse, Wauquiez, rival et faire-valoir, avec 74,5 % des voix recueillies parmi des adhérents de fraîche date... Dans la foulée, affichant ses ambitions présidentielles, il a fait part de sa volonté de nommer l’ancien Premier ministre Barnier à la tête du Conseil national des LR. Bayrou s’est empressé d’adresser ses « félicitations chaleureuses » à son ministre de l’Intérieur : « Les Français engagés souhaitent, je le crois, que nous fassions cause commune pour sortir, autant que possible, notre pays des difficultés qu’il traverse. Ils aiment la diversité et veulent la solidarité. » Du fond de sa déroute, Bayrou est prêt à se réjouir de tout, même de la victoire d’un adversaire déclaré d’autant que, au final, bien peu de choses les séparent. Il assure la continuité de Barnier qu’associe Retailleau à sa campagne, tout ce petit monde du bloc réactionnaire présidé par Macron converge sur une même politique au service du capital, la démagogie sécuritaire, nationaliste, xénophobe, militariste.

Au moment où Netanyahou annonce l’agression ultime contre Gaza pour l’occuper entièrement et éliminer les Gazaouis avec l’aval des USA, les deux forces armées qui s’affrontent au Soudan depuis plus de deux ans semblent suivre la même logique, imposer leur pouvoir par la guerre sans limite, avec l’assentiment et la complicité des grandes puissances et des puissances régionales.

Les ressemblances avec le génocide de Gaza dépassent les bombardements, la famine et les destructions. La guerre au Soudan n’est pas, elle non plus, un conflit aux seules causes locales. Elle s’inscrit dans la désorganisation globale du capitalisme qui ouvre la voie aux folies guerrières pour exploiter et soumettre les peuples, la réponse des classes dominantes à la sénilité de leur système.

La prestation de Bayrou devant la commission parlementaire d’enquête sur les violences en milieu scolaire a tourné à la déroute, une série de mensonges ou le déni. Enlisé dans le marais parlementaire Bayrou s’est encore plus enfoncé dans son propre naufrage avec toute l’assurance et l’arrogance, la malhonnêteté et l’indifférence aux victimes qui sied à un ministre de Macron qui, en pleine campagne présidentielle de 2002, avait administré une gifle à un enfant lors d’un déplacement.

Le délitement de Bayrou confronté à lui-même est venu compléter le tableau d’un pouvoir en déliquescence que Macron a, malgré lui, mis en scène pendant trois heures sur TFI mardi soir, avec la même arrogance et la même impuissance, un aveu en prime time.  Dupe de lui-même et de son rôle sur la scène internationale de va-t-en-guerre pacifiste, Macron a tenté de reprendre la main, entouré de faire-valoir dont Sophie Binet toute empressée de tenir son rôle, pour écrire une histoire hors sol, en confondant son baratin avec la réalité, son arrogance avec sa force, son mépris avec son autorité pour poursuivre une politique dictée et écrite par avance par le patronat et les banques ainsi que par l’Otan et les USA.

« Le monde reprend son souffle », écrivait lundi dernier l’éditorialiste des Echos alors que les Etats-Unis et la Chine venaient de conclure une trêve de 90 jours à partir du 14 mai dans la guerre commerciale entre les deux pays déclenchée par Trump. Les Etats-Unis se sont engagés à ramener leurs droits de douane sur les importations chinoises de 145 % à 30 %, la Chine de 125% à 10% sur les importations américaines.

Cette reculade de Trump a réjoui les marchés financiers, repartis à la hausse, mais elle ne change en rien sa feuille de route. Les Etats-Unis n’ont pas changé de politique, simplement ont-ils dû s’incliner devant la réalité de leurs liens d’interdépendance économique avec la Chine et les capacités de celle-ci à retourner la situation en sa faveur.

De l’annonce cynique en forme de provocation de Poutine de trois jours de trêve sur le front ukrainien, suivie du défilé militaire patriotique de Moscou avec Xi Jinping et Lula à ses côtés pour commémorer « la victoire sur l’Allemagne nazie » à celle de Trump voulant faire des 11 novembre 1914 et du 8 mai 1945 des « jours de la Victoire », le 80ème anniversaire du 8 mai 1945 a été une nouvelle manifestation de l’instrumentalisation de l’histoire pour les besoins des propagandes nationalistes et bellicistes des grandes puissances.

L’horreur des crimes nazis, de l’extermination de 6 millions de Juifs, est ainsi instrumentalisée, perversion de l’histoire, par le gouvernement Netanyahou et ses alliés occidentaux justifiant la guerre génocidaire qu’ils mènent contre la population palestinienne au nom du « droit de se défendre ». Toute dénonciation des crimes d’Israël est accusée d’antisémitisme alors que le ministre israélien d’extrême droite Smotrich déclare que Gaza sera complètement détruite et que sa population, après avoir été bombardée sans relâche, réduite à la famine et parquée dans un camp de concentration, sera déportée « dans des pays tiers ».

Vendredi 25 avril au matin, Aboubakar Cissé, un jeune Malien de 22 ans, venu faire sa prière à la mosquée Khadidja à La Grand-Combe dans le Gard, a été lâchement assassiné d’une quarantaine de coups de couteau. Son meurtrier le filme au sol, l’insulte et profère des propos islamophobes : « Ton Allah de merde, ton Allah de merde. »  Après avoir fui en Italie, il s’est rendu à la police trois jours après son crime.

Quel que soit l’état psychiatrique du meurtrier qui aurait dit vouloir « devenir un tueur en série », il s’agit bien d’un crime raciste, islamophobe, haineux, un acte terroriste barbare. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) ne s’est pas saisi de l’affaire, ce que demandaient les avocat·es de la famille d’Aboubakar Cissé. Les faits de meurtre en raison de la race ou de la religion aggravé par la préméditation ont été retenus pour son inculpation. Un choix qui s’inscrit dans la volonté du pouvoir et de Retailleau de minimiser le drame et sa signification, un drame dont ils portent la responsabilité politique et morale.

Alors que les directions syndicales apparaissent plus intégrées que jamais, ce 1er mai a été l’occasion, pour tout un milieu militant de jeunes, de travailleur·es issu·es de collectifs de lutte divers, de se retrouver dans des cortèges bien souvent mélangés, par-delà les appareils syndicaux.

Une révolte qui s’exprime face aux licenciements au profit des actionnaires comme à ArcelorMittal, face à la régression sociale en route, face à la politique militariste de Macron-Bayrou et leur démagogie xénophobe et raciste. Face aussi à la répression qui frappe les militants syndicaux ou les groupes comme Urgence Palestine ou la Jeune Garde pour lesquels Retailleau a engagé des procédures de dissolution. Au cœur des manifs joyeuses et dynamiques circulait la discussion sur nos réponses pour stopper cette fuite en avant du capitalisme financiarisé, de sa guerre commerciale, sociale et militaire.

Macron, fervent défenseur devant l’Éternel de la laïcité, a décrété la mise en berne des drapeaux des bâtiments publics, samedi, en hommage à Jorge Bergoglio, le pape François. Une nouvelle démonstration de l’hypocrisie toute apostolique et romaine du personnage pour qui la défense de la laïcité est surtout un prétexte pour dénoncer l’Islam de la même façon que sa lutte contre l’antisémitisme n’est qu’une façon de se rallier au sionisme et de justifier la guerre contre le peuple palestinien tout en jouant au défenseur de son droit à un Etat. Faux semblants et hypocrisie sont pour lui un mode d’existence. Cynisme qu’il a affiché démonstrativement durant son voyage dans l’Océan Indien, à Mayotte dévastée et abandonnée après le cyclone Chido en décembre pour y faire de... nouvelles promesses avant de se déplacer à La Réunion autre vestige de l’empire colonial de la France où l’épidémie de Chikungunya révèle le délabrement du système de santé submergé, puis à Madagascar, ex-colonie...