Le nouvel ordre multipolaire de Xi Jinping-Poutine-Modi, l’arrogance impérialiste de Trump ou le désordre mondialisé de la concurrence, du militarisme et de la guerre...
Le 3 septembre, à Pékin, Xi Jinping présidait à la mise en scène d’une impressionnante parade militaire à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la libération de la Chine de l’occupation japonaise. Il affichait ainsi sa force, celle de la Chine tant vis-à-vis de son propre peuple flattant les sentiments patriotiques que vis-à-vis du reste du monde. Il y est apparu entouré de Poutine, Kim Jong-un, et du président iranien, Massoud Pezeshkian, réunis pour la première fois parmi les 26 dirigeants étrangers présents.
Ce défilé venait dans la foulée de la 25e réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenue deux jours avant, la première depuis le retour à la Maison Blanche de Trump. Les chefs d’Etat et de gouvernement d’une vingtaine de pays et les responsables d’une dizaine d’organisations internationales ou régionales se sont retrouvés dans la mégapole portuaire de Tianjin, dans le nord de la Chine. Les pays membres à proprement parler de l’OCS représentent près de la moitié de la population mondiale et 23,5 % du PIB de la planète. Initialement regroupement sino-russe avec les pays d’Asie centrale autour des questions de sécurité, elle est devenue un des pôles de contestation de la domination occidentale.
Le 8, Bayrou se suicide politiquement en espérant étouffer la révolte, faisons du 10 septembre le début d’un soulèvement général !
Coup de théâtre, lundi dernier, Bayrou annonce en conférence de presse qu’il va solliciter un vote de confiance de l’Assemblée Nationale convoquée en session extraordinaire le 8 septembre. Ce vote qu’il présente comme un vote pour ou contre un budget d’austérité, vote qu’il est sûr de perdre, l’obligera à démissionner. La chute du gouvernement réjouit le monde du travail, elle affaiblit le pouvoir même si Macron affiche sa confiance en Bayrou et en lui-même pour s’accrocher à l’Élysée. Elle affaiblit le pouvoir et aggrave la crise parlementaire mais elle ne changera rien pour nous si nous ne prenons pas les affaires en main pour faire échouer le plan du gouvernement présent ou… à venir.
A une mort banale début octobre par motion de censure, comme celle de son prédécesseur Barnier, Bayrou a préféré mettre en scène un suicide, prenant la pose du sacrifié volontaire qui regarde la réalité en face pour le « bien du pays » qui serait en danger, menacé par les déficits et la dette que lui seul a le courage de vouloir réduire en imposant de vrais sacrifices, ceux-là, à la population.
Pour œuvrer à la contre-offensive du monde du travail, rassembler notre camp social et politique, refonder le mouvement révolutionnaire
« La lutte de classe prolétarienne ne peut être comprise que comme le résultat d’une dialectique des facteurs historiques objectifs et subjectifs » Ernest Mandel[1]
Nous avons publié avant la période des congés deux articles issus de discussions au sein du NAP-R sur le mouvement révolutionnaire à l’époque du capitalisme financier mondialisé. L’un décrivait l’état de fragmentation du mouvement hérité d’une longue période sans intervention révolutionnaire du prolétariat et discutait des moyens de dépasser cette balkanisation pour avancer dans la construction d’un parti révolutionnaire des travailleur·ses[2]. L’autre montrait comment la nouvelle ère de crises, de guerres et de révolutions dans laquelle l’humanité est engagée crée les conditions objectives et subjectives de ce dépassement[3].
« Bloquons tout ! », préparons le 10 et ses suites, la convergence de toutes les colères contre Bayrou-Macron and co et le CAC40
Apparu sur les réseaux sociaux mi-juillet, immédiatement après l’annonce par Bayrou du projet de budget 2026, l’appel à tout bloquer le 10 septembre, sa réussite, sont devenus en quelques semaines un objectif pour toutes celles et ceux qui veulent mettre un coup d’arrêt à la régression sociale et à l’arrogance réactionnaire des parasites milliardaires et de leurs serviteurs.
Il reçoit un large soutien dans le pays, est aujourd’hui pris en main par de nombreuses structures syndicales, militantes, associatives et, un peu partout, il est préparé par des assemblées qui se donnent l’objectif d’en assurer le succès, de discuter les moyens de lutte, les revendications à mettre en avant et de préparer la suite.
Trump, ses rivaux européens, Poutine discutent de paix en poursuivant leurs guerres commerciales et militaires contre les travailleurs et les peuples
La rencontre entre Trump et Poutine du 15 août à Anchorage dans l’Alaska, annoncée à grand renfort de tambours, n’a accouché de rien si ce n’est d’une série de nouvelles rencontres tout en mettant en scène une complicité surjouée entre les deux brigands. Trump, qui abordait la rencontre, vantard, sûr de déboucher sur un cessez-le-feu a conclu avec une grande perspicacité : « Nous n’y sommes pas, mais nous avons fait des progrès. Il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord ».
La mascarade diplomatique à laquelle se livrent les deux brigands capitalises a valu à Trump d’être accusé de faire le jeu de Poutine et de s’être rallié à ses positions en acceptant que la Russie puisse annexer des territoires ukrainiens sans que rien de concret n’ait été publiquement dévoilé sur d’éventuelles conditions de paix. Diplomatie secrète oblige, tout se discute dans le dos des peuples et contre eux.
L’affaire Epstein-Trump, décomposition morale de l’oligarchie dominante et menace de dictature populiste
A peine plus d’un mois après la rupture et le départ de Musk alors qu’il est en place depuis six mois, Trump se trouve confronté à un nouvel épisode d’une crise politique qui semble devoir se transformer en crise chronique voire permanente en résonance avec l’instabilité engendrée par l’offensive globale dans laquelle s’est engagée la première puissance mondiale pour tenter de perpétuer son hégémonie.
L’affaire Epstein sujet de ce nouveau scandale politique avait été remise sur la table par Musk, la vengeance d’un vieil ami... Elle a été relancée par l’annonce, le 7 juillet, par une juge proche de Trump, qu’il n’existait pas de liste des clients du spéculateur financier new-yorkais Epstein, condamné pour trafic sexuel de mineures et retrouvé pendu dans sa cellule en 2019, un présumé suicide, alors que cette même juge disait peu auparavant que la liste était sur son bureau… Puis, le 17 juillet, le fort peu contestataire Wall Street Journal – propriété du magnat des médias, ami de Trump, Murdoch, qui possède aussi la chaîne Fox News – publiait un article sur les liens complices et les affinités, au début des années 2000, du futur président avec le trafiquant sexuel. Trump avait accusé les Démocrates d’avoir organisé une conspiration pour dissimuler les crimes du prédateur sexuel, complotisme qui se retourne contre lui. Il se trouve maintenant au centre des accusations qu’il portait contre les Démocrates alors qu’il s’avère être lui-même impliqué.
Nouvelle période du développement capitaliste, financiarisé et mondialisé, quelles perspectives et stratégie révolutionnaires ?
L’article « Le mouvement révolutionnaire confronté à ses divisions et son passé sur la route de l’unité et d’un parti des travailleur·es » publié le 20 juillet dans notre Newsletter met en évidence la situation contradictoire dans laquelle se trouve le mouvement révolutionnaire face au moment historique que nous vivons. Handicapé par son passé, du fait des divisions et de l’absence de stratégie d’ensemble qui le paralyse, il porte en même temps une perspective politique on ne peut plus d’actualité, la nécessité et l’urgence d’une révolution sociale mondiale pour mettre fin à la domination d’un mode de production capitaliste devenu sénile, pour la construction d’une société communiste, socialiste.
L’expérience des occasions manquées nous montre que pour dépasser cette contradiction il est nécessaire de définir ce qui nous réunit, le contenu concret que prend le projet révolutionnaire à l’heure du nouveau stade du développement capitaliste que nous connaissons. Cela suppose le considérer comme une perspective stratégique vivante et dynamique, portée par l’évolution des luttes de classes, par la vie réelle et non d’une façon proclamatoire ou dogmatique.
Fuite en avant militariste et austéritaire, Macron-Bayrou, les petits Trump à la française ou la malédiction du capitalisme
« Un moment de vérité », « un moment historique », « où un peuple a rendez-vous avec lui-même »… Mardi dernier, Bayrou a enchaîné les formules grandiloquentes et catastrophistes pour présenter les grandes lignes du budget 2026, un nouveau plan d’austérité au service de la finance d’une brutalité inédite, 43,8 milliards d’économies au nom du combat pour en finir avec la « malédiction » de la dette, « un danger mortel », et pour financer le « réarmement » de la France.
Ce qui a suscité le plus de réactions, immédiatement après, c’est la suppression de deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai, pour « combattre », a souligné Bayrou, le « désenchantement face au travail […] un ennemi public ». Cette provocation, saluée comme du « courage » par des commentateurs aux ordres, est un chiffon rouge, un leurre ou un ballon d’essai, peu importe, destiné à frapper l’opinion voire à tenter de la détourner du débat du fond. Elle ne fait que souligner le message et donne à voir la suite. Il faut travailler plus pour gagner moins et pas question de toucher un revenu si on ne travaille pas, il faut en finir avec trop de vacances, trop de congés, et de manière générale avec tout ce qui est solidarité ou protection sociale que les classes dirigeantes ont dû concéder dans le passé et qu’elles ont l’objectif de liquider aujourd’hui pour les besoins du capital en crise et aux prises avec une concurrence exacerbée.
Le mouvement révolutionnaire confronté à ses divisions et son passé sur la route de l’unité et d’un parti des travailleur·es
Cet article est le premier d’une série de trois, fruit d’une discussion au sein du NPA-R sur le thème Guerres sociales, commerciales et militaires, nouvelle période, perspectives et stratégie révolutionnaires. Il aborde la question du mouvement révolutionnaire, ses divisions et divergences, face à l’unité nécessaire et ses perspectives. Les articles à venir porteront sur les caractéristiques et tendances de la période du capitalisme financiarisé mondialisé et la stratégie révolutionnaire et, le dernier, sur la construction d’un parti révolutionnaire des travailleur·es à l’époque du capitalisme sénile et les tâches du mouvement révolutionnaire.
Nous sommes entrés dans une époque de profonds bouleversements, une époque passionnante à bien d’un titre, où les immenses progrès réalisés par l’humanité entrent en contradiction violente avec la dégénérescence du capitalisme. Le vieux monde d’hier se délite et s’enfonce dans la barbarie, transformant les consciences et redonnant toute leur actualité et leur jeunesse aux idées du socialisme et du communisme, à la perspective d’une transformation révolutionnaire de la société.
Des milliards pour le capital, licenciements et austérité pour le travail, le parasitisme de la nouvelle aristocratie financière
Ce soir, veille du 14 juillet et du défilé militaire, Macron va tenter de nous convaincre que notre intérêt serait de nous plier à l’union nationale réactionnaire dont il se fait le champion pour préserver son pouvoir en déroute et surtout faire son job en imposant l’austérité, les licenciements pour servir les fortunes des riches, des gros actionnaires et des banques, ainsi que sa politique militariste de réarmement. Il voudrait faire de nous les soldats de leur guerre économique, commerciale et militaire qui ruine la société et la planète.
Il n’en est pas question. Relayé par des médias serviles, il voudrait justifier les milliards investis dans l’armement et le militarisme en invoquant « la menace russe ». Pour nous travailleur·es, la menace constante sur nos conditions de vie vient de ceux qui possèdent, dirigent l’économie et toute la société pour leurs seuls intérêts égoïstes de classe.
Tout nous oppose à eux alors qu’ils nous conduisent dans le mur. La seule union dont nous avons besoin est notre union entre travailleur·es contre eux, par-delà les frontières, pour en finir avec leur parasitisme destructeur.