Minneapolis, « Abolish ICE ! »
En début de semaine, avec le cynisme qui le caractérise, Trump a évoqué « la tragédie » des deux meurtres commis par ses sbires à Minneapolis. Cette fausse compassion n’était qu’une hypocrite concession en réponse à la colère et à l’indignation suscitées dans tout le pays y compris au sein du camp républicain et dans le monde par le comportement criminel et les exactions de l’ICE, la police de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement). Dans la foulée il annonçait l’envoi sur place de son homme de main sur l’immigration, Tom Homan, dit le « tsar des frontières », qu’il qualifie de « sévère mais juste » pour ajouter « et il me rendra compte directement ». Il écarte Greg Bovino, « commandant en chef » des gardes-frontières, au centre des deux meurtres, arrogant et fier d’être devenu le symbole de ces milices fascistes qu’il a à cœur de mettre lui-même en scène. Une partie des quelque 3 000 agents de l’ICE déployés dans les rues de Minneapolis depuis début janvier serait retirée après négociation avec le maire démocrate de la ville qui s’est félicité de son contact avec Trump qui l’avait peu auparavant accusé : « Le maire et le gouverneur incitent à l’insurrection, avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante ! » Et mercredi, Trump l’accusait à nouveau de « violer la loi » et de « jouer avec le feu ».
Trump ni ne recule ni ne désavoue ni ne condamne, il confirme de fait que les auteurs des deux meurtres, dont l’identité reste inconnue, sont assurés de bénéficier « d’une immunité absolue » selon les mots de J-D Vance même s’il ne peut formellement s’opposer à ce qu’une enquête ait lieu. Il apporte son soutien aux voyous de l’ICE recrutés pour faire la chasse aux migrant·es et à toutes celles et ceux qui ont l’apparence de migrant·es ou qui les soutiennent ainsi que pour intimider, semer la peur contre l’ensemble de la population.
Contribution aux discussions au sein du NPA-R sur la question du regroupement des révolutionnaires
L’agression terroriste des USA contre le Venezuela, le rapt de Maduro, leur mainmise sur le pays et ses richesses, est d’abord et avant tout un acte de guerre qui menace l’ensemble des peuples et des travailleur·es de la planète. Il s’inscrit dans l’offensive économique, technologique, commerciale et militaire dans laquelle est engagée la première puissance mondiale pour tenter d’enrayer son inexorable déclin. Les menaces directes renouvelées en direction du Groenland, de la Colombie, de Cuba ou de l’Iran (avec la collaboration d’Israël) démontrent une accélération dans la fuite en avant militariste de la première puissance mondiale. Les esprits conservateurs peuvent y voir le retour de l’impérialisme, de la doctrine Monroe ou la continuité du passé impérialiste, en réalité une rupture s’est opérée dont les suites représentent une sérieuse menace pour l’humanité. Cette agression montre sans la moindre ambiguïté la logique prédatrice et destructrice en route qui conduit à une prise de conscience au sein du prolétariat de la menace qu’elle représente et qu’il est seul à pouvoir enrayer.
Œuvrer à cette prise de conscience, la renforcer, l’armer d’une politique et d’un programme est au centre de nos préoccupations. C’est indissociable de la politique qui nous rassemble autour de la perspective d’un pôle du regroupement des révolutionnaires, elle en souligne la nécessité impérieuse tout en éclairant les désaccords que nous pouvons avoir sur la façon de la mettre en œuvre.
Minneapolis, « Abolish ICE ! »
En début de semaine, avec le cynisme qui le caractérise, Trump a évoqué « la tragédie » des deux meurtres commis par ses sbires à Minneapolis. Cette fausse compassion n’était qu’une hypocrite concession en réponse à la colère et à l’indignation suscitées dans tout le pays y compris au sein du camp républicain et dans le monde par le comportement criminel et les exactions de l’ICE, la police de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement). Dans la foulée il annonçait l’envoi sur place de son homme de main sur l’immigration, Tom Homan, dit le « tsar des frontières », qu’il qualifie de « sévère mais juste » pour ajouter « et il me rendra compte directement ». Il écarte Greg Bovino, « commandant en chef » des gardes-frontières, au centre des deux meurtres, arrogant et fier d’être devenu le symbole de ces milices fascistes qu’il a à cœur de mettre lui-même en scène. Une partie des quelque 3 000 agents de l’ICE déployés dans les rues de Minneapolis depuis début janvier serait retirée après négociation avec le maire démocrate de la ville qui s’est félicité de son contact avec Trump qui l’avait peu auparavant accusé : « Le maire et le gouverneur incitent à l’insurrection, avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante ! » Et mercredi, Trump l’accusait à nouveau de « violer la loi » et de « jouer avec le feu ».
Guerres commerciales et militaires, austérité, Davos, la mise en scène du chaos capitaliste
Il n’y aura « pas de retour en arrière » sur le Groenland ! Lors de sa conférence de presse à Washington le 20 janvier pour célébrer sa première année de présidence, juste avant de se rendre au sommet de Davos, Trump avait réaffirmé comme il l’avait déjà martelé sans relâche les semaines et les jours précédents sa volonté inébranlable de posséder le Groenland coûte que coûte.
Des dirigeants européens avaient, Macron en tête, exprimé des critiques contre ces prétentions territoriales au détriment de ses propres alliés européens et envoyé quelques détachements symboliques de soldats sur l’île que possède le Danemark. Trump avait alors fait monter les enchères en imposant à huit de ces derniers -Danemark, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Finlande, Pays Bas, Suède et Norvège- des hausses supplémentaires de droits de douane et il avait même envisagé d’intervenir militairement au Groenland au risque de mettre à mal l’OTAN elle-même.
Au final ou plutôt à cette heure, suite à une discussion à Davos avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, Trump aurait renoncé à l’intervention militaire et à la possession formelle du Groenland et obtenu des concessions sonnantes et trébuchantes, des zones du territoire danois où installer d’autres bases -il en existe déjà une- militaires états-uniennes et la possibilité d’exploiter des terres rares sur l’île.
Une manœuvre dans le cadre de la négociation permanente du rapport de force qui consiste à céder pour mieux assurer une position politique mais qui n’est nullement un « retour en arrière ».
Pas plus Macron -qui cherche en ce moment même à imposer l’ordre colonial français à la population kanak par le prétendu « accord » de Bougival rejeté par le FLNKS- que les autres dirigeants européens ne se soucient des intérêts de la population du Groenland soumise depuis des dizaines d’années à la violence de la colonisation danoise. Comment ces Etats des vieilles puissances coloniales européennes qui ont soumis dans le passé les deux tiers de l’humanité à un esclavage insupportable pourraient-ils faire croire qu’ils se soucient des peuples alors qu’ils mènent depuis quatre ans derrière les USA une guerre par procuration contre la Russie avec la peau et le sang du peuple ukrainien et qu’ils soutiennent de façon inconditionnelle le génocide des Palestiniens, la guerre menée par Israël, champion des intérêts états-uniens contre les peuples du Moyen-Orient et de la défense de l’occident ?
Notre solidarité avec les peuples d’Iran et du Venezuela, ce n’est pas défendre « la France humiliée » mais nous battre pour « l’honneur des travailleurs et un monde meilleur » contre notre propre bourgeoisie
Le 3 janvier dernier, Trump et les USA se livraient à une opération de piraterie militaire internationale contre l’État vénézuélien profitant de l’affaiblissement de la dictature de Maduro pour mettre la main sur ses immenses richesses pétrolières et empêcher la Chine de s’y approvisionner tout en affirmant leur volonté d’assurer leur contrôle sur l’ensemble de l’Amérique du Sud en menaçant la Colombie mais aussi Cuba épuisée par les sanctions économiques. Ils proclamaient à nouveau leur projet prédateur, « d’une manière ou d’une autre », sur le Groenland ce qui lui vaut en retour une expédition militaire « Arctic Endurance » à laquelle participent 15 soldats français ! Cette mise en garde adressée à Trump viserait au final à « assurer la sécurité face aux menaces russes et chinoises dans l’Arctique » selon le ministère de la défense allemand… De quoi rassurer Trump !
Ce dernier, après avoir averti les dirigeants de la République islamique d’Iran que les Etats-Unis se préparaient, avec Israël, à intervenir une nouvelle fois militairement invoquant les massacres auxquels se livre le régime des Mollahs contre le soulèvement populaire, a ensuite, jeudi, renié sa parole, « les tueries ont pris fin ».
Cynique et sans scrupule, Trump, qui n’hésite pas à faire assassiner ses opposants et menace d’envoyer l’armée contre ceux qui protestent, ne se soucie en rien du sort des peuples pas plus au Venezuela qu’en Iran ou ailleurs. Il poursuit méthodiquement et accentue la guerre que mènent les USA depuis des décennies pour dominer le monde tant par l’embargo et les pressions économiques que par la guerre. Il entend profiter de l’affaiblissement des dictatures nationalistes et dites anti-impérialistes que ses guerres ont engendrées pour renforcer ses pressions, se soumettre voire abattre ces régimes qui gênent les USA pour regagner du terrain dans sa féroce guerre commerciale contre la Chine et l’ensemble des anciens pays coloniaux qui ont conquis leur indépendance et participent au marché capitaliste mondial.
L’odieuse agression terroriste contre le Venezuela, la panique prédatrice des États-Unis face à leur propre déclin, une agression et une menace contre tous les peuples
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, Trump et l’administration américaine ont organisé par un coup de force militaire impliquant 150 avions de combat qui ont mené des frappes sur plusieurs sites du pays et tué des dizaines de personnes, l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de sa compagne Cilia Flores. Le dictateur a été incarcéré dans une prison de New-York, sous le coup de l’accusation d’un tribunal américain d’avoir orchestré un trafic de cocaïne de grande ampleur destiné à en inonder les États-Unis, une affabulation -alors même que Trump venait de gracier l’ancien président du Honduras réellement à la tête, lui, d’un réseau de narcotrafic. Sous prétexte de lutte contre le « narco-terrorisme », les États-Unis ont préparé cette attaque depuis début septembre en déployant une énorme armada -un porte-avion, 7 autres navires de guerre et 15 000 soldats- au large des côtes du Venezuela et en ordonnant au moins 35 frappes contre des bateaux qui ont tué 115 personnes.
Lors de la conférence de presse qu’il a tenue quelques heures après l’opération militaire, Trump a annoncé que les États-Unis allaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Et il a fait état de leur intérêt pour les réserves pétrolières du Venezuela, les plus importantes du monde, nationalisées par le régime de Chavez en 2007, précisant que les compagnies pétrolières états-uniennes y investiraient massivement, soi-disant dans l’intérêt du peuple vénézuélien.
« Nous n’avons pas besoin du pétrole vénézuélien, a corrigé le conseiller de Trump et secrétaire d’État aux Affaires étrangères Marco Rubio. Nous avons suffisamment de pétrole aux États-Unis. Ce que nous ne tolérerons pas, c’est que l’industrie pétrolière vénézuélienne soit contrôlée par des adversaires des États-Unis. Il faut comprendre pourquoi la Chine a besoin du pétrole vénézuélien. Pourquoi la Russie en a-t-elle besoin ? Pourquoi l’Iran en a-t-il besoin ? Ces pays ne font même pas partie de ce continent ».
Nos vœux pour que le soulèvement d’Iran contre la vie chère et le régime des Mollahs fasse de 2026 une nouvelle étape vers la mondialisation des révoltes
Macron n’avait rien à dire et il n’a rien dit pour ses vœux de fin de règne alors qu’il poursuit inexorablement sa chute sans même être sûr, malgré la solidité antidémocratique des institutions qu’il a vantées, de tenir jusqu’en 2027, tentant de conjurer le sort en affirmant qu’il resterait « jusqu’à la dernière seconde ». Débarqué, son gouvernement d’équilibristes ne trouve un appui instable que dans une majorité composite de députés qui partagent le même acharnement à rester en place en évitant la dissolution pour sauver leur sinécure. Se voulant grave et solennel, il a réaffirmé, face « au retour des empires, à la remise en cause de l’ordre international, un monde de guerres commerciales, de compétition technologique, souvent d’instabilité », sa politique militariste et guerrière pour le réarmement. À la veille de la nouvelle réunion de la « coalition des volontaires » de soutien à l’Ukraine, à Paris, le 6 janvier, alors que la France prenait ce 1er janvier la présidence du G7, il se fait le champion de « l’Europe de la défense ». Il tente désespérément de se construire une stature internationale pour sauver, sinon son pouvoir, son image au nom de la défense de « notre indépendance et de nos libertés », affirmant vouloir « renforcer le lien entre les armées et la nation », développer le service national pour embrigader la jeunesse, la « protéger » des réseaux sociaux.
En ce début d’année, un nouvel acte de la comédie parlementaire s’ouvre pour imposer, quelle que soit la méthode, probablement un « 49.3 négocié » avec le PS, un budget d’austérité contre les travailleur·ses, les classes populaires et les plus démunis au service du patronat et du militarisme. Nous sommes loin des phrases hypocrites et doucereuses de Macron souhaitant une « une nation plus solidaire » ! Dans la nuit du 24 au 25 décembre, à Reims, un homme de 34 ans est mort alors qu’il dormait dehors. Il vivait à la rue depuis des années. Son décès vient -selon le décompte tenu par le collectif Les Morts de la Rue- s’ajouter à ceux de près de 750 personnes mortes dans la rue depuis le 1er janvier 2025. Image de cette société pourrie et de ce pouvoir corrompu où l’État soumis au CAC40 est incapable d’assurer la protection de toutes et tous même quand il suffirait de réquisitionner temporairement des logements vacants.
2025, alors que leur vieux monde s’effondre, la Gen. Z relève le drapeau de la révolte, de la révolution à venir
Après avoir nommé, en 2024, Trump personnalité de l’année, le magazine américain Time a désigné pour 2025 non pas une seule personne mais un groupe, les « architectes de l’IA », parmi lesquels se retrouvent les milliardaires Sam Altman, dirigeant d’OpenAI et à l’origine de ChatGPT, Musk, Jensen Huang, patron de Nvidia, Mark Zuckerberg, à la tête de Meta… Ces patrons, commente le Time, « ont pris les rênes de l’histoire, développé des technologies et pris des décisions qui redessinent le paysage de l’information, le climat et nos moyens de subsistance.[…] L’IA est assurément devenue l’outil le plus influent dans la compétition entre grandes puissances depuis l’avènement des armes nucléaires ». Personnalités et commentaires résument le contenu politique de l’année 2025, le coup de force politique des géants de la High tech qui conduit à la fusion du pouvoir d’Etat avec la poignée de milliardaires qui détiennent les rênes de la société, une oligarchie qui concentre une richesse et un pouvoir inégalés dans l’histoire au détriment de l’ensemble de la société et de la planète.
Ce coup de force marque un tournant, une profonde et brutale accentuation de la crise globale du capitalisme mondialisé dont la grande récession de 2008 et 2009 a été le point de départ et à laquelle ni les Etats ni le capital n’ont été en mesure de trouver une issue si ce n’est la fuite en avant dans la financiarisation et la spéculation, une concentration sans limite des richesses, la guerre commerciale et ses corollaires, la militarisation et le bellicisme, la guerre au monde du travail et aux peuples, la surexploitation de la nature dont les vieilles puissances impérialistes, les USA et leurs alliés-rivaux européens, sont les moteurs.
Révolte paysanne, austérité contre les travailleur·ses, licenciements, la révolte est contagieuse… C’est nous qui produisons, c’est à nous de décider !
La brutalité de l’abattage du troupeau de la ferme des Bordes-sur-Arize en Ariège le 11 décembre, alors qu’un cas de dermatose nodulaire bovine y avait été détecté, a sidéré et révolté. Des gendarmes en tenue anti-émeutes, appuyés par des véhicules blindés, ont fait reculer les centaines de paysans en colère rassemblés devant la ferme à grands coups de grenades lacrymogènes, pour imposer la dictature sanitaire du gouvernement, -une bête touchée = l’abattage de tout le cheptel-, et la froide destruction du troupeau le lendemain, ruinant l’exploitation. La violence et le mépris du gouvernement pour les petits éleveurs, leur travail et leurs bêtes fait de nouveau exploser la colère et l’exaspération des petits exploitants agricoles, ruinés par les banques, l’agro-business et la grande distribution, par la logique du capitalisme agricole.
Chili, l’effondrement de la gauche ouvre la voie à Kast, fils de nazi admirateur de Pinochet, allié de Trump
Le résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle le 14 décembre a été sans surprise un coup de massue avec la victoire de J. A. Kast du parti d’extrême droite des Républicains (58 % des voix) contre Jeannette Jara, dirigeante du Parti communiste, ex-ministre du gouvernement Boric à la tête d’une coalition de centre gauche (42 %), avec vote obligatoire sous peine d’amende et seulement 7 % de bulletins nuls.
Le soir des élections, Jara a souhaité « beaucoup de succès » à Kast face à ses propres partisans en colère. Sa défense de « l’unité nationale » avec « un courage républicain » dont ce dernier l’a félicitée, ne passe en effet pas auprès de celles et ceux qui se sont mobilisé·es contre ce défenseur de Pinochet, ses tortures, crimes, disparitions, pas plus que ne sont passés les arguments méprisants du camp de Jara et Boric, président sortant, sur la crédulité du peuple, dupe de fake news, etc.