Brésil et victoire de Bolsonaro : l'économie de marché, ce n'est pas la démocratie, c’est la régression sociale et la dictature
L’élection avec 55 % des voix de Bolsonaro à la présidence du Brésil, « 4ème plus grande démocratie au monde » nous disait-on, est un avertissement brutal pour le monde du travail, les classes populaires, la jeunesse.
« Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche » a-t-il déclaré dès les résultats connus. Comme si la cause de la misère était le socialisme ou le communisme et pas la politique des capitalistes et des riches !
80 ans après la fondation de la IVème Internationale, le mouvement trotskiste face à sa propre mue
En septembre 1938, Trotsky et ses compagnons fondaient la IVème Internationale dans des conditions extrêmement difficiles alors qu’il était « minuit dans le siècle », selon la formule de Victor Serge. Après Mussolini, Hitler s’était emparé du pouvoir en 1933 en Allemagne. Le deuxième plus puissant Parti communiste après celui de l’URSS avait été désarmé, trahi par la politique de la bureaucratie stalinienne et de la IIIème Internationale. Le mouvement ouvrier défait, le monde marchait vers la guerre. Une page se tournait. Pour les travailleurs, la lutte contre la bourgeoisie et le fascisme se doublait du combat pour en finir avec la contre révolution stalinienne. Fonder une nouvelle Internationale était devenu vital.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le même contexte. Le stalinisme est mort, l’URSS s’est effondrée en 1991, le capitalisme le plus sauvage y a été réintroduit. La bureaucratie stalinienne s’est reconvertie tout naturellement en une caste bourgeoise mafieuse combattant tout ce qui pourrait rappeler ses origines, le communisme version bureaucratique est laissé à quelques nostalgiques de Staline et de la « Grande Russie »…
Ensemble, aux élections européennes, camarades de LO et du NPA faisons entendre une voix internationaliste, la voix des travailleurs
Les élections européennes auront lieu dans 7 mois dans un contexte qui voit l’offensive des classes dominantes et de leurs États s’accentuer dans tous les domaines, alimentant la montée des idées réactionnaires, de la xénophobie et du nationalisme qui menacent de faire éclater l’Union européenne capitaliste.
Elles sont déjà l’occasion de rivalités démagogiques entre Macron et Le Pen que Mélenchon se propose d’arbitrer. Macron se présente comme l’homme de l’Europe libérale contre l’Europe des nationalismes de Le Pen, Salvini et autres Orban.
En réalité, la politique que mène Macron est de même nature, quant au fond, que celle de la droite extrême ou de l’extrême droite, elle leur prépare le terrain. Et au pouvoir, la droite et l’extrême-droite n’auraient d’autre politique que de satisfaire les exigences du Medef et des riches.
Mélenchon prétend leur disputer le terrain mais, au final, il fait sur la question des migrants et par sa démagogie anti-européenne des concessions aux idées réactionnaires, au nationalisme, à un populisme qui tournent le dos aux intérêts du monde du travail.
Les travailleurs n’ont pas à arbitrer le conflit et la rivalité Macron-Le Pen mais à défendre contre eux leurs intérêts de classe, sociaux et démocratiques, par delà les frontières.
Cette perspective, seuls les anticapitalistes et révolutionnaires, c’est à dire Lutte ouvrière et le NPA, peuvent la porter. Il est indispensable que nous le fassions ensemble.
Contre le gouvernement du Medef et des riches, remanié ou pas, œuvrer au rassemblement du monde du travail
La mauvaise comédie du remaniement ministériel n’en finit pas comme si Macron éprouvait un plaisir pervers à affirmer son pouvoir, à ridiculiser les médias, qui parlent pendant des heures et des heures pour commenter les rumeurs, ou l’opposition drapée dans son indignation… A ridiculiser aussi ses propres ministres mis sur le grill…
Il parle de « péripétie » prenant la pose du monarque exerçant ses pleins pouvoirs, affichant le mépris de ses gens, tous là pour le servir ! Franchement ridicule tant derrière cette farce, il y a un politicien isolé pris à son propre piège lui qui prétendait dépasser le jeu du clivage gauche-droite. Ce clivage parlementaire, le PS l’a dépassé depuis longtemps. Ses principaux dirigeants ont sabordé leur propre parti pour mettre en selle Macron. Dupe de lui-même ce dernier se retrouve bien seul mais avec des pouvoirs exorbitants et une certitude : sa politique fait l’unanimité au sein du patronat et de la bourgeoise. Et au-delà des rivalités politiciennes, aucune des forces institutionnelles qui le combattent n’auraient d’autre politique que de faire, à son image, ce que veulent le Medef et la bourgeoisie. Cette certitude comme les pouvoirs qui lui sont impartis lui laissent tout le temps de voir venir...
Le capitalisme, responsable de la catastrophe climatique annoncée et principal obstacle pour y faire face
Samedi, des milliers de manifestants en France et dans d’autres pays d’Europe ont exprimé leur inquiétude face à la crise climatique et leur révolte devant l’inertie des gouvernements. Le nouveau rapport du GIEC (le groupe d’experts du climat travaillant pour l’ONU) qui a été rendu public début octobre donne entièrement raison à toutes celles et ceux qui s’inquiètent et veulent agir. Reste à savoir maintenant comment. Trois ans après les beaux discours de la conférence sur le climat de Paris, le rapport du GIEC confirme que le réchauffement climatique est plus rapide que prévu et qu’il a déjà des conséquences dramatiques à l’échelle du monde. Deux scénarios sont envisagés d’ici 2100, une augmentation de 1,5°C aux conséquences inquiétantes et une au-delà de 2°C, catastrophique et créant une situation sans retour. Les données scientifiques du GIEC sont précieuses et indispensables mais ce débat entre 1,5°C ou 2°C est un jeu de dupes bien dérisoire si on ne le pose pas d’un point de vue de classe en lien avec les ravages engendrés par la course aux profits qu’imposent les multinationales et les États à leur service à toute la société.
Ce n’est pas que la FED qui est « folle » mais le capitalisme financier…
Mercredi 10 octobre, Wall Street a subi son plus gros recul depuis le mois de février, 3,15 % de l’indice Dow Jones, 4,08 % de l’indice des nouvelles technologies, le Nasdaq, à 7 422,05 points. Il ne s’agit certes pas d’un tremblement de terre mais néanmoins l’ensemble des places financières de la planète ont, elles aussi, décroché.
Les principales Bourses européennes ainsi que les places asiatiques ont été emportées dans la tourmente. L'indice Nikkei à Tokyo a perdu 3,89%, les bourses de Hong Kong, de la Corée du sud ont suivi, tandis que celle de Taiwan chutait de plus de 6%, Shanghai de près de 5 % perdant plus de 21 % depuis le début de 2018.
Donald Trump a balayé l’hypothèse que sa guerre commerciale, en particulier contre la Chine, puisse en être responsable : « Ce n'est pas ça le problème. Le problème à mon avis, c'est la Fed (la Réserve fédérale, la banque centrale américaine). La Fed est déchaînée, elle devient folle ». Et cela parce qu’elle a décidé d’augmenter les taux d’intérêt. Son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin (un ex-Goldman Sachs) a modulé le propos faisant preuve d’une profondeur philosophique toute capitaliste : « Les marchés montent. Les marchés descendent. Je vois cela comme une correction normale. »
On ne se plaint pas, on lutte ! Le 9 octobre, en grève et dans la rue pour défendre nos intérêts !
Un an et demi après son élection et sa promesse d’un « nouveau monde » politique, Macron bat tous les records d’impopularité et l’hémorragie des ministres continue… Après Hulot faisant mine de découvrir que finance et écologie sont incompatibles, Flessel et ses problèmes d’impôts, c’est au tour de Gérard Collomb. Transfuge du PS s'étant intronisé parrain politique du jeune Macron, ce vieux politicien le laisse tomber pour ne pas sombrer avec lui, guidé avant tout par ses ambitions personnelles. La modernité promise par Macron tourne à la farce du vieux théâtre des politiciens, de leurs ambitions, de leur corruption… Mais quels que soient les acteurs, c’est la même politique de plus en plus agressive, entraînant l’explosion de la précarité et des inégalités.
Ces attaques en règle se doublent de l’arrogance de Macron, de son mépris social qui visent à flatter les préjugés des catégories sociales les plus réactionnaires contre le monde du travail. Après le « pognon de dingue » des aides sociales, le conseil aux chômeurs de « traverser la rue » pour trouver du boulot, il fait la morale aux victimes de sa politique. « Il ne faut pas rester comme ça et pas refaire des bêtises » dit-il en sermonnant un jeune chômeur sinistré des Antilles. Il fait la morale à des retraités venus lui demander des comptes, il faudrait arrêter de se plaindre car « on vit de plus en plus vieux et en bonne santé » ! Cette arrogance, ce mépris, c’est celui d’un politicien ambitieux, qui flatte les préjugés sociaux pour tenter d’étouffer la colère et la révolte qui montent de partout afin de protéger ses commanditaires, les classes dominantes, les riches qu’il sert servilement.
États français, espagnol ou italien, Union européenne, une même politique contre les migrants et les travailleurs
Le 25 septembre, la Marine royale marocaine a ouvert le feu sur une embarcation de migrants en Méditerranée faisant un mort, une Marocaine de 22 ans, et trois blessés dont un dans un état critique. La responsabilité de ce crime d’État ne revient pas à la seule monarchie marocaine mais tout autant à la politique de l’État espagnol et à celle de l’Union européenne.
L’Espagne, comme la France ou l’Italie, fait tout pour empêcher les migrants d’atteindre son sol, avec la collaboration de la monarchie marocaine et de sa police.
Cette violence criminelle est le corollaire de l’errance à laquelle est contraint l’Aquarius, le dernier navire européen qui continue à secourir des migrants en Méditerranée malgré l’opposition de plus en plus acharnée des gouvernements européens. Pendant plusieurs jours, alors qu’il transportait à son bord 58 migrants sauvés au large de la Libye, les ports européens lui sont restés fermés.
C’est en fait l’ensemble des gouvernements européens qui, depuis des mois, ont multiplié les obstacles contre les bateaux qui secourent les migrants. Sur la dizaine de bateaux humanitaires qui secouraient des migrants au large de la Libye l’an dernier, tous sauf l’Aquarius ont dû renoncer. Et le 22 septembre, le Panama a annoncé, sous la pression des autorités italiennes, qu’il allait lui retirer son pavillon.
Tous ensemble pour la conquête de nos droits sociaux et démocratiques
Mardi dernier, 18 septembre, dans la foulée de l’annonce de son départ prochain du gouvernement, Collomb, encore ministre de l’Intérieur, a lancé son plan de « reconquête républicaine » des quartiers dits « sensibles ». Dans une cité de Corbeil-Essonnes, les Tarterets, dont les habitants avaient été tenus à distance par un dispositif policier impressionnant -un avant-goût de son plan-, il s’est vanté de vouloir « hisser à nouveau dans chaque rue, sur chaque dalle, au bas de chaque immeuble, le drapeau de la République ». Cette métaphore guerrière, provocante, de « reconquête » est destinée, dans la lignée de ses prédécesseurs, à faire des banlieues pauvres des territoires ennemis aux yeux de l’opinion, qui seraient de véritables jungles où la violence ferait la loi. Elle en dit long sur son mépris des travailleurs et des classes populaires qui y vivent, dont beaucoup font partie des plus pauvres, même en travaillant.
Ancien dirigeant du PS, Collomb avait été le premier des « premiers de cordée » à suivre Macron en 2016. Promoteur des lois les plus répressives comme celle sur la sécurité intérieure -qui a fait entrer dans le droit commun les mesures de l’état d’urgence- et la loi Asile-Immigration, Collomb, démissionnaire en sursis du gouvernement, essaie de faire entendre sa propre musique sur le terrain de la droite extrême. Petits jeux politiciens entre serviteurs de la bourgeoisie, de cette classe minoritaire, parasitaire, grands actionnaires et dirigeants des multinationales, détenteurs des grandes fortunes, qui n’ont qu’une obsession, accroître la part qu’ils s’approprient des richesses produites par les travailleurs.
Montée de l’extrême droite, démagogie contre les migrants, c’est l’ensemble du monde du travail qui est visé
Le week-end dernier, en Suède, lors des élections législatives, l’extrême droite est arrivée en troisième position avec 17,6 % des suffrages exprimés, un résultat bien inférieur à ce que les sondages, repris avec complaisance par les médias, annonçaient, mais une forte progression inquiétante. Dans le même temps, ces dernières semaines, en Allemagne, le parti d’extrême droite, l’AFD, organise campagne et manifestations contre les migrants à Chemnitz ou dans la petite ville de Köthen avec la coopération de néonazis faisant le salut hitlérien. Le tout avec la bienveillance de la police et du ministre de l’Intérieur de Merkel, qui a déclaré qu’il « serait descendu dans la rue » s’il n’avait pas été ministre.
En boucle les médias répètent ce qui serait une évidence, un fait établi, ce qu’ils appellent la crise des migrants, en fait le drame des migrants, serait responsable de la montée de l’extrême droite et de ses amis fascistes. Donc, pour l’enrayer il faudrait fermer les frontières, en un mot faire la politique de... l’extrême-droite. Une politique d’ailleurs que tous les gouvernements et tout particulièrement celui de Macron, ne se gênent pas pour mettre en œuvre.
Même des partis ou des militants qui se disent de gauche reprennent, certes avec des nuances, ce discours, comme en Allemagne la dirigeante du nouveau mouvement issu de Die Linke, Austehen, Debout, qui se veut proche de la France Insoumise qui elle-même connaît bien des flottements et égarements sur le sujet.