De l’agression criminelle de Trump-Netanyahou au choc énergétique, la fuite en avant du capitalisme sénile, prédateur et destructeur qui menace l’économie mondiale
Après un mois de destructions, de massacres et d’assassinats perpétrés par « la furie » guerrière des armées US et israéliennes en Iran, pas un des « experts » qui se succèdent dans les médias ne s’aventure à en prévoir l’issue. Trump et Netanyahou, pantins criminels au service du capital, semblent naviguer à vue, entre bluff et incohérences.
Ces incohérences sont celles de leur politique, prise entre leur volonté de faire plier leur ennemi sous des tapis de bombes et de missiles, et la nécessité de faire face aux retours de bâton de leurs exactions, aussi bien sur le plan militaire qu’économique, comme le choc énergétique consécutif au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Tandis que Netanyahou poursuit sans relâche ses crimes au Liban, Trump multiplie les annonces contradictoires, entre la barbarie du chantage à la destruction des centrales électriques de l’Iran, la préparation d’une intervention terrestre, et l’annonce de « très bonnes et productives discussions [avec l’Iran] pour une résolution totale »…
Cette annonce, lundi, a fait chuter le prix du pétrole. Comme par hasard, un quart d’heure avant et en deux minutes, entre 580 et 650 millions de dollars de brut, dix fois plus qu’en temps normal, était échangés. Une telle vente au prix fort avant que les prix ne chutent est la signature d’un « délit d’initié », un service rendu par Trump ses richissimes amis qui ont pu profiter de l’aubaine, et certainement à lui-même et sa famille.
Aujourd’hui, Trump menace l’Iran de « l’enfer » et planifie l’envoi de 10 000 soldats, tout en repoussant, pris de panique devant sa propre monstruosité, son ultimatum au 6 avril en espérant réunir une coalition pour imposer le contrôle des USA sur le détroit d’Ormuz... Selon la formule cynique du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, « On négocie avec des bombes ».
Une fraction du monde du travail et de la jeunesse vote révolutionnaire contre la guerre, le militarisme et le capitalisme ; un réel courant qui a besoin de se constituer en parti
Si les municipales ont sans surprise été marquées par une abstention record, hors période Covid, expression de la défiance grandissante vis-à-vis des institutions même locales, une fraction minoritaire mais non négligeable du monde du travail s’est emparée des candidatures révolutionnaires pour faire entendre la contestation du capitalisme qui plonge le monde dans le chaos, malgré les divisions et rivalités entre Lutte ouvrière, le NPA-Révolutionnaires, Révolution permanente ou le Parti des travailleurs, qui se présentaient parfois en concurrence sans aucune concertation.
Ces listes construites et animées par des collectifs de travailleur·es avec ou sans emploi, des jeunes étudiant·es ou précaires, des retraité·es ont affirmé le refus de la guerre, du militarisme, la nécessité que les travailleur·es, cell·eux qui font tourner la société, postulent à la prendre en main et la diriger. Toutes reprenaient ou déclinaient le slogan des manifestations « C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! ».
Au total, les révolutionnaires ont rassemblé 117 038 voix dont 74 600 pour LO, qui présentait 266 listes (24 élu·es), 18 445 pour le NPA-R avec 29 listes (1 élue dans la banlieue rouennaise), 12 382 pour RP avec 9 listes (2 élu·es à Saint-Denis) et 11 531 pour le PT pour 59 listes. Si les résultats sont modestes, à part dans de petites villes ouvrières où ces listes étaient la seule opposition (jusqu’à plus de 20 % pour LO) et dans des banlieues populaires, elles ont permis l’expression d’un courant bien réel dans le pays qui ne se résigne pas à l’air ambiant, au rouleau compresseur réactionnaire qui vise à écraser toutes celles et ceux qui résistent. Un courant qui affirme la solidarité internationaliste des exploité·es, qui s’oppose au consensus militariste, guerrier, nationaliste et qui porte la perspective d’une société débarrassée des oppressions et de l’exploitation, reposant sur la solidarité et l’entraide, une société socialiste, communiste. Un avenir qui dépend de nous, de notre capacité à dépasser les divisions pour unir nos forces, du rassemblement démocratique du monde du travail et de la jeunesse pour contester le pouvoir à l’ultra-minorité parasite.
Affirmons notre solidarité internationaliste avec les travailleur·es et les femmes d’Iran et du monde pour en finir avec la guerre et l’extrême droite, le capitalisme et le patriarcat
Ce dimanche nous sommes invité·es à voter pour les élections municipales alors que la guerre de Trump-Netanyahou fait rage en Iran et au Liban où les frappes israéliennes ont fait 634 morts et plus de 800 000 déplacés. Elle atteint les monarchies du Golfe, l’Irak et la Syrie tandis que la guerre génocidaire contre le peuple palestinien se poursuit à Gaza réduit à un champ de ruines et en Cisjordanie. Par ses conséquences économiques mais aussi politiques, elle déstabilise la planète confrontée au risque d’une crise économique et financière. Elle est locale, régionale mais aussi mondiale. Elle est le produit de la lutte des USA pour le maintien de leur domination mondiale avec leurs alliés, Israël qui postule à dominer le Moyen-Orient et les vieilles puissances colonialistes et impérialistes européennes dont la France, qui veulent préserver leurs propres intérêts dans la concurrence capitaliste qui dresse les nations les unes contre les autres.
A l’heure du capitalisme et de la concurrence mondialisée la guerre économique se combine avec le militarisme et la guerre dans un engrenage destructeur qui conduit à la catastrophe tant économique, sociale, politique qu’écologique.
Face à la démence du capitalisme sénile, ces élections municipales semblent dérisoires tant la vie politique hexagonale est conditionnée par les luttes de classes internationales. Dominées par l’État et l’austérité budgétaire, les municipalités n’ont aucune possibilité de répondre aux difficultés que rencontrent les classes populaires, tout au plus peuvent-elles aménager un cadre de vie qui répond aux besoins des catégories sociales les plus aisées. Incapables de répondre à l’insécurité sociale, la plupart des candidat·es se font les champions des politiques sécuritaires, soucieux de préparer les élections présidentielles de leur parti…
Le seul geste utile ce dimanche est le vote révolutionnaire en rupture avec les partis institutionnels et leur course aux places, le carriérisme et les intérêts de leur parti. C’est le seul vote qui peut contribuer à préparer la suite, c’est-à-dire à nous rassembler, à nous organiser dans nos quartiers comme sur nos lieux de travail pour défendre nos droits, nos conditions de vie et de travail contre la minorité capitaliste qui détient les rênes du pouvoir tant économique que politique et agir pour en finir avec la domination de celle-ci.
Contre la guerre et l’extrême droite, contre l’exploitation et le capitalisme c’est en nous rassemblant, en nous organisant que nous pourrons devenir une force capable d’inverser le cours des choses.
Solidarité avec les travailleur·es et le peuple d’Iran contre la fureur terroriste de Trump-Netanyahou qui menace la planète et contre la dictature des Mollahs
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont déclenché une nouvelle guerre d’agression contre l’Iran méprisant tant le Congrès américain que l’ONU en violation flagrante de la Constitution des États-Unis et du droit international, l’affirmation criminelle du droit par la force contre les peuples. Les frappes aériennes, missiles et drones qui n’ont cessé depuis répandent la mort et la terreur sur les populations d’Iran et du Liban et prennent aussi la forme d’assassinats ciblés de dirigeants politiques et de commandants militaires.
Le guide suprême iranien Ali Khameini, au pouvoir depuis 1989, a été tué, ainsi qu’une grande partie de l’état-major du corps des Gardiens de la révolution.
Pour des millions d’Iranien·nes, la mort du tyran qui, pendant des décennies, a symbolisé le massacre, l’oppression, la pauvreté, le militarisme et la dictature religieuse a provoqué un sentiment de libération qui témoigne de la profondeur de la haine accumulée au sein de la société. Ce sentiment a rapidement laissé la place à la terreur devant l’ampleur de l’agression criminelle des USA et d’Israël condamnant toutes celles et ceux qui le peuvent à fuir Téhéran et, aujourd’hui, Beyrouth.
8 mars, la lutte des femmes, force motrice de la lutte de la classe ouvrière contre la guerre et le militarisme, le masculinisme et le patriarcat, la droite extrême et les fachos
La journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre, dimanche, intervient alors que la guerre de Trump et Netanyahou contre l’Iran s’étend au Moyen-Orient et au-delà et que le scandale Epstein, révélé par le combat opiniâtre de victimes de cet affairiste et criminel sexuel ami de Trump et autres hommes de pouvoir et grandes fortunes, n’a pas fini de mettre au jour ses ramifications.
En France, le 8 mars prend place au moment où l’extrême droite est promotionnée par les milieux patronaux, par des milliardaires, et dédiabolisée par une grande partie de la classe politique jusque dans ses franges qui se réclament du nazisme et professent ouvertement leur haine des immigré·es, des femmes et des minorités de genre.
Les progrès irrésistibles du mouvement des femmes pour leur émancipation malgré les institutions aux mains des tenants de l’ordre patriarcal suscitent la haine chez tous ceux qui voudraient revenir à l’ordre ancien, craignant de perdre leurs derniers privilèges, le pouvoir dont ils peuvent user sur les femmes qu’ils voudraient voir maintenues dans un statut d’infériorité, les masculinistes dans toute leur variété. Ils se heurtent aussi à la politique des classes dirigeantes qui secrète régression sociale, concurrence économique, conflits militaires et forces réactionnaires et se tournent vers les droites extrêmes pour maintenir leur ordre social patriarcal.
Contre les enfants de Pétain et de l’OAS, les nostalgiques d’Hitler, les amis de Trump et la racaille réactionnaire, construire l’unité démocratique et révolutionnaire des travailleur·es
Après l’hommage unanime de l’Assemblée nationale à Quentin Deranque avait lieu, samedi dernier, l’hommage des groupuscules d’extrême droite à l’un des leurs, sinistre cortège parcouru de saluts et de chants nazis, de propos haineux, racistes et xénophobes, homophobes, malgré les consignes visant à faire des voyous néo-nazis de gentils démocrates. « L’extrême gauche tue », « Antifas assassins » et « LFI complice » donnaient le ton. Cette nouvelle provocation après celle organisée par Némésis contre la conférence de Rima Hassan qui a entraîné l’affrontement avec les antifas et la mort de Quentin Deranque, est une nouvelle démonstration de la violence haineuse des groupuscules d’extrême droite qui prospèrent à l’ombre du RN et qui ont passé leur semaine en agressions et provocations contre LFI, la CGT ou SUD.
Macron avait déclaré la veille, à l’ouverture du Salon de l’agriculture, « C’est un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué ». Après l’hommage, le recueillement ! Macron a trouvé les mots les plus hypocrites pour camoufler sa manœuvre, nouveau seuil d’indignité dans sa politique pour s’accrocher au pouvoir, durer jusqu’en 2027, en rassemblant le bloc réactionnaire contre LFI tant sur le terrain parlementaire qu’électoral et en y incluant le PS déjà bien engagé dans son soutien à Lecornu sur le budget.
Une odieuse campagne est ainsi orchestrée par les sommets de l’État et la grande masse des médias accusant LFI de porter la responsabilité morale de la mort du militant néonazi et de « la brutalisation de la vie politique », en donnant au RN et aux nervis d’extrême droite un brevet de démocratie !
Après la candidate LR-Renaissance à la mairie de Marseille, Martine Vassal, qui reprenait à son compte la devise pétainiste « travail, famille patrie », Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, a qualifié LFI de « parti anti-France qui appelle et revendique une part de violence ». Parti anti-France, expression popularisée par l’antisémite et royaliste Maurras au moment de l’affaire Dreyfus, désignait sous Pétain les communistes et les Juifs voués à la mort.
A l’Assemblée, l’indécente union nationale derrière l’extrême droite contre LFI des défenseurs du « Nouveau siècle occidental » voulu par Trump
Le 12 février, le groupe d’extrême-droite prétendument féministe Nemesis -ses militantes, racistes et xénophobes, rendent l’immigration responsable des viols et des féminicides- organise une provocation en tentant de perturber une conférence de Rima Hassan à l’IEP de Lyon. Des néonazis lyonnais se postent en embuscade à quelques centaines de mètres de Sciences Po et attaquent les antifascistes qui ripostent.
C’est au cours de cet affrontement que Quentin Deranque, fondamentaliste chrétien, passé par l’Action française et membre des groupes identitaires Allobroges et Audace Lyon, reçoit des coups mortels dont il décédera deux jours plus tard.
La machine à désinformer et l’instrumentalisation sont immédiatement enclenchées. Quentin D. est présenté comme un « étudiant », « un jeune homme de 23 ans » qui aurait été victime d’un véritable guet-apens organisé par le groupe antifasciste La Jeune Garde. Le procureur de la République de Lyon ouvre une enquête pour « homicide volontaire », reprenant à son compte le récit mensonger de Nemesis.
Le gouvernement, la presse, à l’exception de quelques medias, crient au meurtre et accusent la Jeune Garde, le groupe antifasciste dissous par Darmanin, fondé par Raphaël Arnault, maintenant député LFI, et LFI elle-même, identifiée « d’extrême-gauche » par décision du ministre de l’Intérieur, d’en porter la responsabilité. Les représentants politiques de l’extrême droite, de la droite, et du macronisme et jusque dans les rangs de Place Publique et du PS hurlent que « l’extrême-gauche tue ».
Scandale Epstein, la corruption de l’oligarchie financière et de ceux qui la servent, élément d’une crise politique internationale dont les USA sont l’épicentre
Vendredi 30 janvier, le ministère américain de la Justice a rendu public, contraint par le Congrès, un nouveau lot de documents du dossier Epstein, plus de 3 millions de pages supplémentaires, comprenant plus de 2 000 vidéos et environ 180 000 images. Ces documents, la plupart caviardés, censurés, révèlent des dizaines de nouveaux noms liés au milliardaire prédateur sexuel, pédophile et organisateur d’un réseau mondial de traite de femmes mineures, de prostitution, impliquant les sommets de la bourgeoisie à l’échelle internationale, principalement aux USA et en Europe.
Epstein concentre en une personne la perversion criminelle du parasitisme de la finance et la perversion criminelle du patriarcat masculiniste et son corollaire, la prostitution, la traite des femmes et des mineures. Elle concentre les tares de cette société malade et leurs ravages mondialisés.
Entre 1996 et 2005, Epstein a bâti un empire financier en tant que « gestionnaire de fortunes », parasite des parasites. Comme Trump, Epstein est le pur produit de l’offensive libérale des années 1980-90 durant lesquelles la financiarisation de l’économie et le big bang boursier ont créé toutes sortes d’opportunités de spéculations et d’opérations financières ou immobilières. Escroc cynique et sans scrupule, il a su exploiter les pratiques et les mœurs du milieu des milliardaires dont, là encore, Trump est l’illustration arrogante, pour construire, en lien avec ses réseaux d’affaires, un réseau d’exploitation sexuelle de mineures d’une ampleur inédite, sous les yeux et avec la complicité active ou passive des grands de ce monde.
En 2008, il est inculpé pour racolage de mineures et plaide coupable afin de négocier, sans procès, une peine de prison de dix-huit mois dont il ne purgera que 13 avec liberté de sortie, une prison de luxe pour milliardaires, ainsi que l’immunité judiciaire pour ses complices. Un accord scandaleux négocié grâce au procureur général de Floride, Alex Acosta, couvert par le ministre de la Justice, accord qui blanchit ses complices dont Ghislaine Maxwell, héritière du magnat britannique de la presse, Robert Maxwell, lui-même escroc.
Dans les quartiers, sur les lieux de travail et d’étude, exercer notre contrôle démocratique, postuler à diriger la société. Pour les municipales, militons et votons révolutionnaire
Le 15 mars, nous sommes appelés à voter pour les élections municipales. Les bilans d’autosatisfaction des maires sortants et la démagogie tout aussi satisfaite d’elle-même des postulants qui ignorent le plus souvent les préoccupations du monde du travail, des classes populaires, des femmes, des jeunes, et de toutes les victimes d’oppressions et de stigmatisation ne laissent guère d’illusions sur la capacité de ces élections de changer les choses. L’inquiétude est profonde, le mécontentement, la colère aussi en particulier sur des questions où les mairies ont un rôle à jouer comme le logement ou l’école mais les mairies sont prisonnières du système auquel les politiciens professionnels, de gauche comme de droite, sont totalement intégrés.
Les mairies ne sont pas en mesure de répondre aux effets de la crise mondiale du capitalisme qui secoue la planète, des guerres commerciales et militaires, du dérèglement climatique, sur le pays et sur nos vies, sur la régression sociale. Elles pourraient être cependant des instruments pour aider la population à s’organiser démocratiquement pour défendre ses droits, lutter contre le capital et l’État qui lui est soumis.
Actualisation du débat réforme ou révolution, relire Rosa Luxembourg à l’heure de la mondialisation des guerres commerciales et militaires et du réformisme impossible
La question peut sembler simple, nous sommes révolutionnaires en rupture avec la gauche parlementaire, nous ne croyons pas à la voie électorale ni pacifique pour changer le monde, le débat est tranché. Sauf que derrière la simplicité des apparences, il y a une réalité plus complexe qui rend l’actualisation des débats à travers lesquels se sont formés les premiers partis ouvriers indispensable pour éclairer de l’expérience passée nos propres discussions et élaborer une stratégie pour le mouvement révolutionnaire.
Ce retour nous semble indispensable au regard de la nouvelle période de développement du capitalisme à laquelle l’humanité doit faire face. Les puissants mouvements de contestation à travers le monde dont le soulèvement de Minneapolis est un moment particulièrement important donnent à cette discussion sa pertinence et son urgence. Tout laisse penser que nous entrons dans une nouvelle période de guerres et de révolutions. Le mouvement révolutionnaire façonné par des décennies de recul ne fera pas face aux révoltes à venir sans un bilan critique et une profonde volonté de se donner collectivement les moyens de répondre aux besoins de la nouvelle période.