La scission du NPA, ou l’extrême gauche à la recherche d’elle-même. Pour une refondation du NPA et du mouvement révolutionnaire
Le congrès du NPA n’a pas réussi à empêcher l’irresponsable projet scissionniste de sa plus grosse fraction, celle animée par des militant.es de la IV° Internationale, l’ancienne majorité. Cette scission, coup de force contre les militant.es du NPA, constitue une véritable exclusion de celles et ceux qui ne partagent pas l’orientation mise en œuvre par cette dernière. Celle-ci parle avec une légèreté cynique de « séparation ». Elle tente de donner une légitimité à sa démarche qui a bafoué le choix majoritaire clairement exprimé durant les AG préparatoires au congrès. Peu lui importe, sa préoccupation est d’avoir les mains libres pour mener sa politique « unitaire » en direction du nouveau réformisme, le populisme de gauche de LFI et de la Nupes, trouver une place à la marge de la gauche institutionnelle.
Ce coup de force est la conclusion logique de l’orientation politique mise en œuvre depuis le dernier congrès liquidant le projet du NPA pour aller vers sa transformation en section française de la IV alignée sur la politique des partis dits « larges ». Minorité de direction à l’issue du congrès précédent en 2018, ayant réussi à s’imposer d’abord comme « majorité de direction », majorité toute formelle, elle est devenue majoritaire après avoir poussé dehors les camarades de Révolution permanente, premier effet de son offensive contre les fractions et courants déclarée ouvertement il y a plus de deux ans. Ce processus pour prendre et garder la main sur le NPA a abouti au coup de force bureaucratique du congrès. Après avoir censuré tout débat réel en plaçant la discussion, comme la vie interne du NPA, depuis des mois sous la menace, le chantage à la scission ou à la « suspension » des fractions, elle a mené à terme le processus en excluant les autres courants du NPA sommés de se soumettre ou de se démettre.
Loi sur les énergies renouvelables : « crétinisme parlementaire » de la Nupes et nouveaux cadeaux aux multinationales de l’énergie au nom de la transition écologique
Alors que le gouvernement entretient un climat de peur en brandissant la menace de coupures d’électricité, lundi 5 décembre s’est ouvert le débat parlementaire sur le projet de loi visant à accélérer la production d’énergies renouvelables. Il y a urgence ! L’Etat français, déjà condamné pour son retard en matière de lutte contre le réchauffement climatique, est aussi mis à l’amende de 500 millions d’euros par l’UE pour ne pas avoir atteint ses objectifs en 2020 de 23,7 % de part d’énergie renouvelable dans la consommation globale d’énergie.
Cela n’empêche pas Macron de multiplier les annonces qui, derrière le bluff, indiquent bien la direction : « La France doit être la première nation à sortir des énergies fossiles avant 2050 », a-t-il déclaré la veille. « Investir, simplifier les règles et accélérer les projets, car, au fond, la clé, sur le climat comme sur l’attractivité, c’est la vitesse. »... Vitesse pour offrir cette manne des énergies renouvelables aux industriels du secteur !
Or, si entre deux recours au 49-3, le gouvernement a pu parfois compter sur le soutien de la droite voire du Rassemblement national pour faire adopter ses textes, cette fois devant leur hostilité, il a impérativement besoin pour ce projet de loi du soutien ou au moins de la neutralité des différentes composantes de la Nupes, de la FI, du PCF, du PS et des écologistes.
Guerre économique entre « amis », la logique destructrice de la concurrence mondialisée capitaliste ou « l'inévitable krach »
Macron a passé 3 jours la semaine dernière en Amérique pour, selon ses termes, répondre au « besoin de resynchroniser les agendas américain et européen » sur le plan économique. Il prétendait vouloir convaincre son « ami » Biden de faire une exception pour l’économie européenne dans la guerre commerciale qu’il mène au nom de Wall Street. L’industrie européenne subit en effet de plein fouet les conséquences de l’offensive protectionniste du capitalisme US, en particulier celles du plan « Inflation Reduct Act » (IRA) voté en août dernier par les parlementaires américains, 420 milliards de dollars d'investissements, dont 369 pour le climat, financés par l’Etat en direction de l’industrie « made in USA ».
Pas question d’être les soldats de la guerre économique des brigands capitalistes !
Alors que Macron se pavanait à la Maison blanche, imbu de lui-même et flatté d’être reçu par Biden, tout en tentant vainement de dénoncer l’agression économique des USA contre leurs propres alliés européens, contre « son ami » Macron, pour la 7ème fois en quelques semaines, la première ministre déclenchait le 49.3 pour, cette fois, l’ « adoption » définitive du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Et pendant que Macron, quelque peu ridicule, espère amadouer Biden, son gouvernement poursuit obstinément une politique qui s’inscrit dans cette folle concurrence mondiale pour y défendre les intérêts du grand patronat, de la finance contre le monde du travail et la population.
Le PLFSS, en continuité avec les politiques sanitaires passées, ne peut qu’amplifier la faillite du système de santé désormais incapable de répondre aux besoins de la population. Urgences saturées, hôpitaux et médecine de ville submergés par les épidémies saisonnières, bronchiolite, grippe, Covid… personnels épuisés et sous-payés, manque abyssal de lits, de matériel, de médecins, d’infirmiers et autres personnels, déserts médicaux… rien dans le PLFSS ne peut apporter un début de réponse ! Borne n’en a pas moins déclaré « à l’issue de l’examen du texte, et à quelques jours du terme du délai constitutionnel, je regrette à nouveau, comme je l’ai déjà fait, que les positions soient restées figées. Et que malgré les avancées, chaque groupe d’opposition ait réaffirmé sa volonté de s’opposer au projet de loi, quoi qu’il contienne, quel qu’il soit », justifiant le passage en force « constitutionnel » du 49.3, un concentré de la Vème République et de ses institutions et constitution, taillées sur mesure pour que les gouvernements au service des classes dominantes gouvernent.
En Chine, contre la dictature, les soutiers de la mondialisation financière capitaliste en route pour devenir ses fossoyeurs...
« Debout les damnés de la terre ! »... Quand nous écrivions, fin octobre, à propos du renforcement du pouvoir de Xi Jinping « les dictatures peuvent provoquer les crises politiques les plus aiguës, quand les luttes pour les libertés et les droits démocratiques rejoignent les luttes sociales... Le spectre de la révolution est bien là », on ne voyait pas encore cette perspective prendre vie comme depuis deux semaines, des milliers d’ouvrier·e·s et d’étudiant·e·s défiant le pouvoir en chantant l’Internationale !
49.3 et dialogue social pour imposer de nouvelles attaques contre les chômeurs qui annoncent l’offensive contre les retraites
La modification par décret des conditions d’indemnisation du chômage en fonction de la conjoncture économique a été présentée, lundi dernier, par le ministre du travail Olivier Dussopt. « Simple, utile, lisible » selon le Medef, les patrons applaudissent à une réforme qui s’attaque directement aux indemnités des chômeurs et vise l’ensemble des travailleurs en contribuant à diminuer le coût du travail. Après avoir durci les conditions d’accès et diminué les allocations avec la réforme entrée en application le 1er octobre qui avait conduit à une baisse de 43 % des indemnités pour 40 % des assurés, Macron s’attaque maintenant à la durée d’indemnisation. Le décret prévoit de la moduler en fonction du taux officiel de chômage, loin de la réalité, dans le but fallacieux de « mieux protéger en cas de retournement conjoncturel ».
Étrange perversion ! En effet, à partir du 1er février, lorsque le taux de chômage sera inférieur à 9 %, et qu’il n’aura pas connu de progression supérieure à 0,8 point sur un trimestre, la situation sera considérée comme bonne. La durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi sera réduite de 25 %, en respectant une durée minimale de 6 mois. A l’inverse, si le taux de chômage est supérieur à 9 % ou en progression de 0,8 point sur un trimestre, alors la situation économique est considérée comme dégradée, et les règles actuelles font leur retour.
L’absurdité criminelle de la guerre sans fin. Si tu veux la paix, prépare la guerre… de classe internationaliste
A son dixième mois depuis le 24 février, la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine n’a eu d’autre résultat que des souffrances inouïes pour la population ukrainienne et pour les soldats des deux armées. L’état-major russe a ordonné le 9 novembre le retrait de ses troupes de la rive droite du Dniepr, évacuant tout à fait au sud du pays la ville de Kherson, dans laquelle l’armée ukrainienne est entrée triomphalement le 11 novembre et abandonnant les territoires que l’armée russe avait occupés à partir du 24 février. Contraint par la contre-offensive ukrainienne à renoncer - provisoirement ? - à ses plans d’invasion, Poutine a ordonné le bombardement des villes ukrainiennes, des tirs de missiles meurtriers, qui détruisent les infrastructures indispensables à une vie normale, privant les civils d’eau et d’électricité. Près de la moitié des infrastructures énergétiques ont ainsi été mises hors d’état, 10 millions d’Ukrainiens, le quart de la population restée dans le pays, puis 6 millions, ont été privés d’électricité et de chauffage alors que les températures commencent à baisser très fortement avec l’arrivée de l’hiver et qu’elles pourraient atteindre jusqu’à - 20° dans certaines régions. Poutine espère par cette politique de terreur sinon réduire la population à sa merci par le froid et la famine du moins sauver la face si on peut dire et avoir les moyens de continuer une guerre qu’il est incapable de gagner.
Les profits criminels de l’esclavage salarié et les jeux du cirque footballistique ou la décadence de la civilisation capitaliste
Il ne faut pas « politiser le sport » a déclaré Macron devant le tollé suscité par la coupe du monde de football au Qatar, alors que la France a été le meilleur soutien de l’Emirat dans cette affaire… jusqu’à l’envoi de 220 gendarmes pour épauler les flics de cette dictature féroce contre les migrants, les femmes, les LGTBI !
Un soutien qui a commencé dès le vote pour la candidature du Qatar en 2010 : lobbying, corruption, voilà les méthodes du football du fric, mêlant Sarkozy alors président, Platini patron de l’UEFA, sur fond de reprise du PSG par un fonds d’investissement Qatari !
Une profonde colère s’exprime au travers du boycott de ce Mondial, tant il apparaît comme le symbole même du parasitisme du capitalisme financier, exploitation sans limite où tout s’achète, s’exploite, se gaspille et se sacrifie à la démence du capital, les hommes comme la nature.
Sommet du G20, concurrence capitaliste sur fond de guerre, de militarisation et de déroute face à la catastrophe écologique
Alors que le sommet du G20 se tenait les 15 et 16 novembre à Bali, un missile tombait sur une ville frontalière de Pologne, tuant deux personnes. Zelensky s’empressait de dénoncer une provocation de Poutine, mais l’Otan calmait le jeu, privilégiant la thèse d’une erreur, envisageant même qu’il s’agisse d’un projectile antiaérien ukrainien. Fausse alerte donc, mais qui a été l’occasion pour les dirigeants des principales puissances mondiales réunis à Bali d’en rajouter dans la propagande militariste, éclairant du même coup la vraie nature des objectifs affichés par la rencontre, comme son hypocrisie.
Le combat des migrants pour le droit de vivre condamne cette société et les politiciens pourris qui le leur refusent
En pleine offensive raciste et xénophobe, anti-migrants, quelques jours à peine après la présentation du projet de loi immigration par Darmanin et Dussopt, l’odieuse campagne qui a entouré le meurtre de la petite Lola, les tombereaux de démagogie réactionnaire, le gouvernement a finalement autorisé le bateau de SOS Méditerranée, l’Océan Viking, à accoster dans la zone militaire du port de Toulon et à débarquer à l’abri des regards les 230 migrant.es recueilli.es au large de la Lybie (dont 57 enfants et plusieurs malades, d’autres ayant dû être évacuées la veille de toute urgence). « Un devoir d’humanité » a eu le culot de pérorer Darmanin après avoir négocié la « relocalisation » de 2/3 des adultes vers l’Allemagne, le Luxembourg, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Lituanie, Malte, le Portugal et l’Irlande... Et il s’est empressé d’assurer à la droite et l’extrême-droite (dont Zemmour, Maréchal-Le Pen et les ex de Génération identitaire qui déversaient leur haine xénophobe devant les caméras à quelques pas) : ils « ne pourront pas sortir du centre administratif où on va les mettre et ne seront donc pas techniquement sur le sol français ». Après des procédures expéditives à l’abri de tout contrôle et la décision « sous 48h » de l’OFPRA, « ceux qui ne reçoivent pas l’asile seront éloignés directement depuis la zone d’attente vers leur pays d’origine »...