L’intensification de l’offensive des gouvernements contre les migrant·es, au cœur de l’offensive du capital contre le travail. Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !
Ce 18 décembre, journée internationale des migrant·es, la Marche des solidarités et des collectifs de sans-papiers, de mineur·es isolé·es et de travailleur·es issu·es de l’immigration appelaient à une journée « Sans nous ». « Nous, les travailleuses et travailleurs les plus précarisés de France, souvent sans papiers, issus de l’immigration, exploités, invisibilisés, nous ferons grève. Et si nous nous arrêtons, c’est pour rappeler que sans nous, rien ne tourne. Car ce pays n’existe pas sans l’immigration et en bénéficie de tous points de vue. Ce n’est pas l’immigration qui le détruit, ce sont les politiques menées, le racisme et l’injustice ». Fin 2023, la CGT estimait à 700 000 le nombre de travailleur·es étranger·es sans papiers en France. Des travailleur·es qui, depuis plus de dix ans pour certain·es, travaillent dans la plus grande précarité dans des secteurs comme la restauration, l’entretien, le BTP, l’aide aux personnes dépendantes, la petite enfance, la livraison, l’agriculture… soumis·es aux traques, au chantage permanent, une surexploitation qui fait pression sur l’ensemble des travailleur·es.
L’« effondrement civilisationnel », c’est la faillite d’une oligarchie capitaliste parasite et corrompue aux USA comme en Europe ou en France
Le feuilleton parlementaire ne connaît pas de trêve mettant en scène députés et sénateurs qui se délectent de leurs marchandages budgétaires contre les travailleur·ses et la population tout en multipliant les tractations et calculs politiciens en vue des prochaines élections dont la présidentielle à venir. Le PS et Faure ont enfin trouvé un rôle à leur hauteur avec l’appui des écologistes en permettant l’adoption du budget de la Sécurité sociale qui poursuit l’austérité contre la santé et l’hôpital public. Ils permettent ainsi au clan macroniste à l’agonie de durer, sa seule préoccupation… Et mercredi, dans la foulée, Lecornu a ouvert un débat sur la « stratégie de défense nationale » en profitant pour faire approuver le principe de la hausse prévue de 6,7 milliards d’euros du budget militaire en 2026, avec une majorité de 411 voix où se sont retrouvés PS et RN.
Cette large union nationale impromptue sur le budget de la guerre se veut une introduction au énième acte de la farce budgétaire en espérant ainsi faire pression pour l’adoption d’un budget de guerre contre les travailleur·ses et les classes populaires...
Chacun joue son rôle dans cette comédie en fonction de son électorat supposé et de ses ambitions et tractations politiciennes mais la partition est écrite d’avance pour servir les intérêts des multinationales et des riches tout en attaquant le monde du travail et les classes populaires au nom de la lutte contre les déficits, au nom du militarisme, du réarmement et de la guerre. C’est cette même politique qu’affrontent les travailleur·ses de l’ensemble des Etats européens qui défendent les intérêts et privilèges de leur bourgeoisie face à la concurrence mondiale sous la pression de leur rival et mentor américain.
Alors que le capitalisme s’enfonce dans une crise globale et mondialisée, une lutte acharnée ravage la planète dans une absurde course au profit à laquelle se plient les Etats, subventionnant par la dette le capital, tout en participant à la militarisation du monde. La première puissance mondiale, les USA, entraîne l’ensemble des nations dans sa folle aventure belliciste pour défendre son hégémonie dépassée par l’histoire.
Après l’échec annoncé du 2, nous armer d’un programme pour nos luttes qui ose contester ce pouvoir qui nous impose un budget d’austérité et de guerre
Contrairement au budget de l’Etat qui avait obtenu… une seule voix à l’Assemblée, le volet recettes de celui de la Sécu a finalement été voté après de derniers marchandages. La veille, un an jour pour jour après la chute du gouvernement Barnier sur le budget, Lecornu plus fragile que jamais avait agité la menace d’un déficit de 30 milliards qui ferait courir un « risque très élevé sur le financement du système de protection sociale ». Un avertissement destiné aux travailleur·es, aux classes populaires, aux pauvres à qui la bourgeoisie et son personnel politique entendent extorquer le maximum pour continuer à alimenter la finance, payer des dizaines de milliards de charge de la dette et arroser les entreprises au nom du « soutien à l’emploi » et augmenter le budget militaire !
C’est sur cette assemblée théâtre de surenchères cyniques, de rivalités électorales et d’accords à géométrie très variable que l’intersyndicale CGT, FSU et Solidaires appelait sans rire à « faire pression » le 2 décembre dernier, prétendant lancer une « alerte rouge ».
En Serbie, la jeunesse aux avant-postes d’un mouvement de contestation globale face à un système corrompu et à bout de souffle
L’effondrement de la marquise de la Gare de Novi Sad, le 1er novembre 2024, qui a causé la mort de 16 personnes, a déclenché une profonde révolte en Serbie. Pour tous·tes, c’est l’illustration insupportable de la corruption d’un régime qui engloutit des millions dans des chantiers pharaoniques qui échappent à tout contrôle alors que le pays traverse une crise sociale et économique profonde.
Passées quelques journées de sidération, la population a commencé à manifester pour réclamer des comptes sur un chantier opaque, cofinancé par des entreprises chinoises et françaises, avec des pots de vin à la clef. La vitrine du régime s’est transformée en symbole de son clientélisme et d’une corruption endémique. Le ministre de la construction a dû démissionner mais face au déni d’Aleksanfar Vucic, le président en place, et une campagne de dénigrement et d’intimidation à l’égard de toute critique, les étudiants de la faculté de Belgrade ont occupé leurs locaux, entraînant la plupart des universités du pays.
Après avoir utilisé Zelensky pour faire la guerre à la Russie, Trump s’entend avec Poutine pour dépecer l’Ukraine, Macron et Merz s’indignent pour avoir leur part du pillage
Depuis une dizaine de jours, il est question d’un « plan de paix » de Trump pour l’Ukraine, tout aussi incapable de mettre fin à la guerre que le plan de paix pour Gaza alors que la population palestinienne subit quotidiennement les bombardements et les exactions de l’armée israélienne à Gaza et en Cisjordanie et que celle-ci est intervenue à plusieurs reprises ces derniers jours au sud-Liban et en Syrie.
Le 20 novembre dernier, un plan en 28 points, négocié avec Poutine, était transmis à Zelensky et Trump sommait celui-ci d’y répondre avant le 27 novembre. Le plan prévoyait que l’Ukraine cède à la Russie des territoires au-delà des 19 % du pays que l’armée russe occupe, qu’elle accepte de réduire la taille de son armée et renonce à intégrer l’Otan tout en prévoyant qu’elle intègre l’UE. Le plan envisageait aussi la réintégration de la Russie au G8 et la levée progressive des sanctions.
Propagande militariste, réarmement, budget d’austérité, licenciements… une même guerre de classe contre les travailleur·es
La comédie parlementaire se poursuit à la recherche d’un improbable vote du budget 2026, après l’échec de Lecornu, le rejet par l’Assemblée de son volet recettes, à la quasi-unanimité.
Le Sénat a pris le relai jeudi, après avoir voté la veille un budget de la Sécu réactionnaire qui a bloqué la suspension de la réforme des retraites et rétabli partiellement le gel des pensions. Ce sera une terrible régression pour les malades et les plus pauvres. Les « allers-retours » parlementaires et les faux- semblants devraient durer jusqu’au 23 décembre, délai fixé par la constitution, une comédie où tous les partis font mine de s’affronter, au gré de leurs rivalités et intérêts électoralistes, alors que, du PS au RN, tous discutent de comment imposer l’austérité aux travailleur·es, faire payer les classes populaires et sur le fond tous d’accord pour que les milliardaires et le grand patronat continuent d’alimenter leurs profits à l’aide des finances publiques et des budgets militaires, pour mener leurs guerres économiques et militaires.
Retour sur l’année 1995, le mouvement de novembre-décembre, la dérobade de l’extrême-gauche et quelques enseignements
Il y a trente ans, le 24 novembre, commençait le mouvement de grève de novembre-décembre 95. Après plus de trois semaines de quasi paralysie du pays, le gouvernement Juppé cédait. L’année 95 représente plus globalement un tournant politique.
Depuis l’effondrement de l’URSS, la bourgeoisie rêvait de la « fin de l’histoire » et de la lutte des classes, alors que depuis les années 80 Thatcher affirmait… « Il n’y a pas d’alternative ! » et que la gauche gouvernementale, le Parti socialiste et le Parti communiste, arrivée au pouvoir en 1981 derrière Mitterrand, s’était convertie au libéralisme économique pour se mettre au service de l’offensive capitaliste contre les travailleur·es et les peuples.
La lutte de classe va rapidement redonner vie à l’histoire…
Un budget d’austérité et de guerre qui s’inscrit dans l’offensive économique et militaire des vieilles puissances occidentales sous la houlette de l’empire américain
Lundi dernier, Macron et Zelensky ont signé à Paris un plan d’achat à la France par l’Ukraine de 100 Rafales à l’horizon 2035, soit un montant entre 12 et 25 milliards d’euros dont le financement, si la promesse est tenue, reviendrait pour l’essentiel aux fonds d’aide à l’Ukraine. Zelensky, affaibli par les affaires de corruption au sommet de l’État, a qualifié d’« historique » cette commande qui instaurerait un partenariat militaire avec la France sur dix ans. « Ensemble, avec nos partenaires, nous continuerons d’agir en faveur de la paix, d’une paix juste, durable, conforme au droit international, assurant la sécurité d’une Ukraine souveraine, indépendante, libre et européenne », a prétendu Macron pour justifier son engagement à doter l’Ukraine d’une « capacité de dissuasion » contre la Russie pour les meilleurs profits de Dassault. « Nous continuerons à miser sur le rapprochement de nos industries de défense », a-t-il dit, dont des livraisons de « drones intercepteurs, des bombes guidées » avant 2028. Il a aussi annoncé un contrat d’un demi-milliard pour Alstom, qui vendrait à l’Ukraine les locomotives nécessaires au transport des armes européennes.
Loin d’agir en faveur de la paix, l’État français a une politique de guerre contre la Russie qui réfute la propagande cynique selon laquelle la France et les autres pays de l’OTAN n’auraient d’autres objectifs que de garantir l’indépendance de l’Ukraine. En fait, sous la domination des USA, ces derniers mènent une guerre par procuration avec le sang des Ukrainiens qu’ils utilisent comme justification pour financer leur réarmement en invoquant auprès de l’opinion la menace fantasmée d’une agression de Moscou contre l’Europe.
Le dernier « plan de paix », un plan de dépeçage de l’Ukraine, annoncé par Trump en accord avec Poutine, est une nouvelle étape de la guerre entre les veilles puissances impérialisme et l’expansionnisme du capitalisme russe. Il vise à négocier les rapports de forces sur les fronts économiques et militaires avec la Russie tout en poursuivant la vassalisation des pays de l’UE qui tentent de faire valoir leurs propres intérêts. L’Ukraine ne pourrait pas intégrer l’Otan qui pour Trump semble devenue obsolète mais intégrerait l’UE, c’est-à-dire le camp occidental, autre forme d’alliance contre la Russie, ce qui permettrait aux USA de se dégager de la guerre tout en gardant une influence économique et militaire prépondérante dans le partage de l’Ukraine. La sécurité militaire de l’Ukraine et l’Europe contre la Russie serait garantie par les USA.
Après le vote de la suspension de la réforme des retraites, le PS et la macronie poursuivent leur effondrement qui ouvre les portes du pouvoir au RN
Tandis que les 11 et 13 novembre, les chefs de l’État, du gouvernement, des partis institutionnels nous invitaient au recueillement dans l’union nationale, à l’Assemblée se discutait le budget 2026 destiné à satisfaire l’avidité du grand patronat et sur lequel les députés et les partis, tout à leurs ambitions politiciennes, se déchiraient au nom… de la nation, c’est-à-dire des intérêts du capital et les leurs.
Honorer la mémoire des millions de victimes de la Première guerre mondiale, terrible boucherie impérialiste, ou les 132 morts et plus de 500 blessés des monstrueux attentats du 13 novembre 2015, ne nous fait pas oublier que les premiers responsables de ces tragédies sont les classes dirigeantes, possédantes de ce pays, la défense de leur empire colonial contre leurs rivales européennes en 1914, la défense de leurs intérêts de puissance impérialiste décadente dans les dernières décennies au cours desquelles elles ont participé aux guerres qui ont mis à feu et à sang l’Afghanistan, les pays du Moyen-Orient, détruit des États, Irak, Libye de la décomposition desquels sont nés Al Qaida puis l’État islamique. Leurs guerres aux côtés des USA pour dominer les peuples ont enfanté le terrorisme qui leur a servi de justification ensuite.
COP30, Shein, guerre commerciale et protectionnisme, le capitalisme travaille à sa propre perte, l’urgence d’un nouvel ordre économique mondial planifié
Dès l’ouverture de la COP30, la conférence sur le climat de l’ONU qui se déroule à Belém, au Brésil, aux portes de l’Amazonie, ravagée par la surchauffe planétaire et la déforestation, ville choisie par Lula dans l’intention de faire de cette conférence « la meilleure COP en termes de participation indigène », des affrontements ont eu lieu entre les services de sécurité et des communautés indigènes et de descendants d’esclaves qui manifestaient pour leurs droits, le climat et la santé contre les multinationales. Samedi, ils étaient des milliers dans les rues de Belém. Tout un symbole du décalage entre les discours et les actes qui ruine les prétentions affichées par Lula pour cette trentième conférence internationale pour le climat, la dixième après l’accord de Paris. Deux semaines auparavant, le 20 octobre, le Brésil, huitième producteur mondial de pétrole, avait donné à son géant énergétique national Petrobras un permis de forer en mer, à l’embouchure de l’Amazonie alors que Lula se targue d’être un leader en matière environnementale ! Plus de 1600 lobbyistes représentant le secteur des énergies fossiles sont présents à Belém.