Un Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle s’est tenu à Paris du 6 au 11 février dernier. Il visait « à renforcer l’action internationale en faveur d’une intelligence artificielle au service de l’intérêt général ».

Au service, plutôt, des profits… Macron, l’hôte de service, s’est vanté des 109 milliards d’euros promis par des investisseurs, dont les Emirats arabes unis et le Canada, pour construire de grands centres de données nécessaires au développement de l’IA « made in France »… Il était doublé par Von der Leyen qui annonçait la constitution d’une alliance européenne -EU AI Champions Initiative- regroupant une soixantaine d’entreprises (Airbus, L’Oréal, Mercedes, Siemens, Spotify, Mistral AI…) prêtes à investir 150 milliards, auxquels s’ajouteraient 50 milliards venant des caisses de l’UE, pour développer l’IA à l’échelle européenne. « Ce sera le plus grand partenariat public-privé dans le monde pour le développement d’une IA fiable » a-t-elle promis, ajoutant « la course à l’IA est loin d’être terminée […] En vérité, nous n’en sommes qu’au début. Les frontières bougent constamment et le leadership mondial est toujours à saisir ». A quoi le vice-président américain J.D. Vance rétorquait : « Les Etats-Unis sont les leaders dans l’IA et notre administration entend qu’ils le restent »…

« Je ferai exactement ce qu’a fait Donald Trump avec la Colombie. Plus aucun transfert d’argent vers l’Algérie, plus un seul visa, aucun visa non plus pour les dirigeants algériens ». Le 29 janvier sur LCI, Le Pen, prônait la manière forte, employée par Trump dans les relations internationales, à l’égard de l’Algérie contre laquelle l’État français multiplie les gestes d’hostilité depuis plusieurs mois. Et d’ajouter, sans doute ragaillardie par les hommages de Macron ou Retailleau -« une figure historique »- à son père, tortionnaire et fier de l’être dans les sales guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie : « Je peux comprendre que des peuples souhaitent obtenir l’indépendance. Mais je pense que venir dire globalement que la colonisation a été un drame pour l’Algérie, ce n’est pas vrai ».

En proposant de déplacer les Gazaouis en Égypte, en Jordanie ou partout où ils seraient acceptés sans possibilité de retour et de faire de Gaza, dont l’armée américaine pourrait prendre le contrôle, une « Côte d’Azur du Moyen-Orient », Trump vient de montrer à la face du monde, de façon particulièrement odieuse, que les USA n’étaient pas seulement complices de la guerre génocidaire d’Israël mais qu’ils en étaient bien les acteurs, les commanditaires.

Ces propos provocateurs, marqués du mépris raciste et xénophobe ont soulevé une indignation pour le moins légitime mais souvent bien hypocrite de la part de chefs d’État, comme Macron, qui ont toujours couvert la politique sioniste de l’État d’Israël qui depuis sa fondation piétine les droits du peuple palestinien pour le compte des USA et des puissances occidentales.

Deux semaines après avoir conquis Goma, le 27 janvier, les milices du M23[1] viennent de prendre le 15 février la ville de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. L’offensive est soutenue par l’armée rwandaise, directement présente avec plusieurs milliers de soldats, et par l’AFC, l’Alliance Fleuve Congo, un regroupement d’autres milices dirigé par Corneille Nangaa, opposant au président de la RDC, Tshisekedi.

Le PS et le RN avaient à peine sauvé le gouvernement que Bayrou faisait voter, jeudi, une loi ultra-réactionnaire restreignant fortement le droit du sol à Mayotte, dans le prolongement de ses propos xénophobes -« un sentiment de submersion migratoire ». La veille, le rejet par l’Assemblée des deux motions de censure déposées par 90 députés dont celles et ceux de LFI a permis à Bayrou de faire adopter sans vote le budget de l’État et une partie du budget de la Sécu. Quelques concessions minuscules au PS dont Faure ou Guedj ont osé se féliciter ont suffi pour que les dirigeants socialistes acceptent une réduction jamais vue des dépenses publiques, 34 milliards d’euros, plus que dans les budgets Barnier. Quant au RN, en quête de respectabilité, il a jugé que le moment n’était pas venu de faire chuter Bayrou d’autant qu’une peine d’inéligibilité de 5 ans pourrait être prononcée contre Le Pen le 31 mars prochain.

Le premier week-end de février a vu se dérouler le premier congrès du NPA-R ainsi que celui de Révolution permanente, le congrès de Lutte ouvrière s’étant tenu début décembre. Il nous semble nécessaire de revenir sur ces congrès parallèles où chacun discute de lui-même avec lui-même mais qui ne suscitent guère de discussions croisées, une situation qui est préjudiciable à l’ensemble du mouvement révolutionnaire alors que la guerre que la classe capitaliste déclare aux travailleurs et aux peuples fait de la construction d’un parti démocratique et révolutionnaire des travailleurs, du rassemblement de nos forces, une priorité.

Sommaire :

L’investiture de Trump-Musk, lundi 20 janvier, constitue une déclaration de guerre de Wall Street au monde du travail et aux peuples, un avertissement pour toute la planète.

Trump est arrivé au pouvoir porté par la puissante oligarchie qui a pris forme à travers la mondialisation et la financiarisation capitaliste au cours des trois dernières décennies, puis a resserré son emprise au lendemain de la grande récession de 2008-2009 et durant les quatre dernières années de Biden.

Symbole de la fusion croissante du pouvoir politique et des milliardaires de la high tech, des fonds spéculatifs et des multinationales de l’énergie, il est le produit et l’acteur de l’offensive réactionnaire du capitalisme financiarisé et mondialisé qui s’est développé contre le monde du travail et les peuples, contre la nature pour maintenir la croissance des profits.

Le capitalisme mondial est entré dans une longue phase de stagnation du fait de sa maladie chronique, la crise d’accumulation, c’est-à-dire l’incapacité de tirer de l’exploitation suffisamment de plus-value, de profit, pour nourrir les appétits sans limite de la masse de capitaux sans cesse en expansion.

Bernard Arnaud présentait mardi 28 les résultats annuels de son entreprise. « Mauvaise année », du fait en particulier de la baisse de 25 % de la demande chinoise pour les produits de luxe, le bénéfice net de LVMH a chuté de 17 % sur un an… pour s’établir quand même à 12,6 milliards d’euros ! Le PDG, dont la fortune s’élève à 190 milliards de dollars, en a profité pour dénoncer l’augmentation prévue dans le budget 2025 des impôts des grandes entreprises qui font plus d’un milliard de chiffre d’affaires, une « taxation du ‘’made in France’’ qui pousse à la délocalisation » dit-il, ajoutant : « je reviens des USA [où il a assisté en bonne place à l’intronisation de Trump] et j’ai pu voir le vent d’optimisme qui régnait dans le pays. Et quand on revient en France, c’est un peu la douche froide ».

Lundi 20 janvier, quatre ans après sa tentative, le 6 janvier 2021, d’annuler les résultats de l’élection de 2020 par un coup de force, Trump a prêté serment en tant que 47ème président des États-Unis s’engageant à « préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis ». Son premier geste a été d’amnistier 1500 émeutiers condamnés pour leur participation à l’assaut du Capitole. « C’est pour le 6 janvier, pour les otages, environ 1500 personnes qui seront complètement graciées », a-t-il précisé.

La classe dirigeante américaine se prosterne au pied de sa nouvelle idole, criminel et escroc, cupide, raciste et sexiste, symbole de sa faillite politique et morale alors que Biden, Kamala Harris, les Démocrates se félicitent de cette passation pacifique des pouvoirs preuve de la vitalité de ladite démocratie américaine, promettent « l’unité » et la « collaboration » avec le nouveau régime. Ils applaudissent au couronnement de leur propre débâcle.