Mettre au cœur de la politique du NPA, la nécessité du contrôle des travailleurs pour en finir avec le capitalisme et construire un nouveau mode de production
L’été est venu illustrer dramatiquement les traits dominants de la situation tant nationale qu’internationale : régression sociale et politique alors que les profits explosent ; crise écologique engendrée par la folle et absurde course au profit et à la concurrence capitaliste mondialisée ; incurie des classes dominantes et des États confrontés à la crise sanitaire ; tournant dans la politique internationale après 20 ans de guerre dite contre le terrorisme et la déroute américaine.
Depuis le 12 juin, Macron a accentué son offensive contre le monde du travail, instrumentalisant les inquiétudes suscitées par la pandémie pour diviser, soumettre l'opinion par le pass sanitaire, attaquer le personnel hospitalier hier applaudi, aujourd'hui dénoncé. La police sanitaire accompagne l'offensive antisociale, sécuritaire et policière, raciste et contre les migrants, y compris fuyant les talibans. Cette offensive nourrit la montée des idées et des forces réactionnaires.
Un faux semblant de reprise qui prépare un nouvel épisode de la faillite en cours
Début septembre, divers instituts de conjoncture, dont l’OCDE et l’Insee, annonçaient une reprise économique plus forte que prévue. Ici, le PIB augmenterait de 6,25 % sur l’année, au lieu des 5,35 estimés précédemment. Il n’en fallait pas plus pour que Challenges titre : « La crise est finie… C’est l’Insee qui le dit ». Et Le Maire, présentant le projet de budget 2022, promettait : « une partie des fruits de la croissance doit aller à la réduction des déficits et à la baisse de la dette publique »…
Mais le soufflé n’a pas tardé à retomber. Vendredi 17 et lundi 20, les bourses mondiales plongeaient, le CAC40 perdait 2,4 %. En cause, la menace de faillite d’Evergrande, promoteur immobilier géant chinois endetté de plus de 300 milliards de dollars et incapable d’en payer les intérêts … faute de trouver des banques acceptant de lui prêter l’argent nécessaire ! La faillite de ce mastodonte pourrait avoir des conséquences considérables en Chine et bien au-delà, les titres de cette dette n’ayant pas manqué de se disséminer, à l’image des subprime en 2007. D’où cette réaction des marchés financiers, qui se sont repris depuis avec l’espoir que l’État chinois serait contraint d’intervenir, que l’onde de choc serait limitée.
A cette alerte s’ajoutait dimanche l’avertissement de la secrétaire d’État au Trésor US, Janet Yellen, sur les conséquences destructrices qu’aurait un nouveau « shutdown », arrêt des activités gouvernementales pour cause d’épuisement des caisses de l’État légalement mis dans l'impossibilité d'emprunter. Aux USA, le maximum que l’État peut emprunter sur une année est fixé par le Congrès. Or la limite pour l’année en cours - 28 400 milliards de dollars- est atteinte depuis le 1er août, et si le Congrès ne vote pas rapidement son relèvement, l’État se retrouvera courant octobre sans argent, dans l’incapacité d’honorer ses factures, de payer ses fonctionnaires… Pour Yellen, « cela précipiterait probablement une crise financière historique (...). Le défaut pourrait déclencher une flambée des taux d'intérêt, une chute brutale des cours des actions et d'autres troubles financiers ».
Police sanitaire, politique sécuritaire, guerre aux travailleurs et aux pauvres, agitations politiciennes… Leur monde et le nôtre
Le 17 septembre, plus de 3000 salariés de la santé (chiffres provisoires) étaient suspendus sans salaire pour défaut de vaccination. Une « infime minorité » d’après gouvernement et directeurs d’hôpitaux même si dans les Ehpad et divers établissements la situation, déjà très tendue du fait de la pénurie de personnels, est devenue plus que problématique. Dans certains hôpitaux, les directions ont demandé à des non vaccinés de rester quelques jours, d’autres se donnent un délai pour demander le statut vaccinal de chacun, sans compter les départements et territoires d’outremer où le gouvernement a par avance expliqué que la loi ne pouvait pas s’appliquer sous peine d’un effondrement du système de santé. La conférence nationale des directeurs généraux de CHU n’en communiquait pas moins le 16 au soir « avec satisfaction » que « 98 % des professionnels des CHU sont vaccinés ».
Alors comment expliquer une telle aberration alors que les hôpitaux peinent à recruter, un tel déferlement de menaces et de chantage ? Comment justifier de suspendre des milliers de travailleuses et travailleurs au lieu de leur proposer des postes moins exposés, en sachant que beaucoup ne reviendront jamais puisque l’obligation vaccinale est sans limitation de durée ? Et cela alors que le gouvernement évoque la levée prochaine d’une partie des contraintes dans les lieux publics.
Un procès qui ne rendra justice ni aux victimes des terroristes djihadistes ni aux millions de victimes du terrorisme d’État des grandes puissances
Le 8 septembre dernier s’est ouvert le procès en cour d’Assises des membres survivants et présumés complices des commandos de terroristes de Daech qui ont massacré 300 personnes et blessé des centaines d’autres à Paris le soir du 13 novembre 2015, aux abords du stade de Saint-Denis, sur les terrasses des Xè et XIè arrondissements et dans la salle de spectacle du Bataclan.
Ce procès va durer plus de 8 mois, les verdicts devant être rendus vers le 24 ou 25 mai 2022. Plusieurs juges d’instruction ont participé à l’enquête dont le rapport compte près d’un million de pages. Près de 1800 personnes se sont portées parties civiles. Des centaines de victimes des attentats, blessées ou rescapées et de proches des personnes assassinées vont y témoigner ainsi que des policiers, des dizaines d’experts, enquêteurs et membres du renseignement. Président de la République et ministre de l’Intérieur de l’époque, Hollande et Cazeneuve seront appelés à la barre à l’automne, Valls en tant qu’ancien Premier ministre et Le Drian, ancien ministre de la Défense, au printemps 2022.
Pour les profits, la reprise est au plus fort ! A nous de mettre le gouvernement et le capitalisme en accusation !
Macron, le gouvernement, tous nous vantent la « reprise » dans cette rentrée avec une prévision de croissance à 6,25 % sur l’ensemble de l’année 2021, après une chute de 8 % en 2020.
Mais c’est une croissance sur l’océan d’une dette qui devrait culminer à … 116 % du PIB. C’est la reprise des profits subventionnée par le gouvernement, une reprise qui annonce un retournement. L’heure est à la « consolidation budgétaire » et à son cortège de mesures antisociales, comme l’ont discuté les ministres des finances de la zone Euro vendredi, alors que la BCE cherche à réduire son programme de rachat de dettes publiques.
Dans la foulée de la loi d’extension du pass sanitaire Macron passe à l’offensive. L’horizon fixé sur l’élection présidentielle, il veut poser au chef qui veut « réformer », s’appuyant sur les déclarations d’autosatisfaction du gouvernement sur la reprise ou sur la situation sanitaire… Même si la mise en examen de Buzyn pour « mise en danger de la vie d’autrui » révèle toute la gabegie du pouvoir dans la gestion de la crise du Covid.
Vingt ans après le 11 septembre 2001, la débâcle du « nouvel ordre mondial » de Bush
L’attentat aux avions-suicides d’Al-Qaida contre les tours jumelles du World Trade Center de New York, faisant 3000 morts, avait saisi d’effroi la planète. Ce matin du 11 septembre éclataient dans une terrible conflagration meurtrière les contradictions de la politique menée par Wall Street et le Pentagone depuis deux décennies. Ces deux décennies inaugurées en 1979 par l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher puis de Ronald Reagan furent celles de l’offensive libérale et impérialiste engagée par les vieilles puissances occidentales sous la houlette des néoconservateurs et des ultralibéraux américains pour relancer les profits, une offensive contre les travailleurs et les peuples. Liquidation des services publics, privatisations, mise en concurrence des travailleurs à l’échelle mondiale, financiarisation de l’économie, explosion des bourses et des marchés financiers, les USA et leurs alliés imposaient l’économie de marché à toute la planète, y compris par les armes et la guerre, déstabilisant tant les rapports entre les classes qu’internationaux.
La globalisation de la concurrence capitaliste généra une exacerbation des tensions internationales en particulier après l’effondrement de l’URSS qui avait participé au maintien de l’ordre mondial à travers la politique dite de coexistence pacifique.
Réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, l’urgence d’en finir avec ce mode de production
Mégafeux en Amérique du Nord, en Sibérie, en Turquie, en Grèce et en Espagne ; pluies diluviennes en Allemagne, en Belgique, en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, famine à Madagascar à cause de la sécheresse, la succession, cet été, de catastrophes directement liées au réchauffement climatique n’a fait que confirmer les avertissements de plus en plus alarmistes des scientifiques.
Publié début août, le dernier rapport du GIEC confirme bien, comme l’annonçaient les quelques fuites qui avaient provoqué en juin dernier un scandale hypocrite, que l’ampleur comme la rapidité du changement climatique actuel sont sans précédent. Rédigée par 234 scientifiques de 66 nationalités, cette synthèse de plusieurs milliers d’articles récents est sans appel : « Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850 », la dernière, 2010-2019 est la plus chaude depuis 2000 ans et le mois de juillet dernier est le plus chaud jamais enregistré par les scientifiques. La conséquence de cet emballement est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes, vagues de chaleur et sécheresses comme pluies diluviennes et inondations. Comme le résume un de ses rédacteurs, Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS : « Nous sommes entrés dans le dur, et cet été n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous n’agissons pas dès maintenant ».
Pour imposer une véritable politique sanitaire et sociale contre la logique capitaliste, notre contrôle démocratique sur la marche de la société
En tant que socialistes, communistes, nous sommes de fervents partisans de la science, de la médecine et de la vaccination mais nous savons aussi que ni la science ni la médecine ni la vaccination n'échappent aux rapports de classes qui régissent cette société, aux rapports d'exploitation et d'oppression qui nourrissent de profondes injustices et inégalités en particulier face à la maladie et à une pandémie comme celle du Covid-19.
La campagne de vaccination du gouvernement vantée par tous les médias et experts, loin de s’inscrire dans une politique sanitaire démocratique, est avant tout une opération politicienne faite d'injonctions, de mises en cause dont il est bien difficile de masquer le contenu de classe, le mépris des dominants contre les classes populaires, la volonté de soumettre l’opinion. Un mépris et une arrogance qui ont trouvé leur réponse tout au long de l’été, cette semaine encore, dans les manifestations du samedi par-delà les confusions anti-vax et complotistes et les manœuvres politiciennes de l’extrême-droite.
Un triomphalisme cynique qui masque l’absence d’une véritable politique sanitaire
Emporté par sa propre propagande et l’élan de son chef, le gouvernement multiplie, en cette rentrée, les déclarations triomphales sur l’objectif des 50 millions de primo-vaccinés qui serait quasiment atteint, avec sous-entendue la promesse qu’une fois l’ensemble de la population vaccinée la vie d’avant reprendrait.
Auto persuasion, mensonge cynique…. Ce triomphalisme, hors de propos face à l’essor du variant Delta beaucoup plus contagieux comme à la menace d’autres variants, est dans la continuité de ses déclarations mensongères et contradictoires depuis le début de la pandémie. Mensonges sur les masques, les tests, l’obligation vaccinale, le pass sanitaire… un jour inutiles, le lendemain obligatoires !
Police sanitaire, régression sociale, reprise des profits, c’est leur système capitaliste qu'il faut contester
Ce samedi, comme durant tout l’été, les manifestations contre le pass sanitaire se sont maintenues, exprimant une profonde colère contre la politique du gouvernement. Dans une situation pour le moins confuse, où directions syndicales comme partis de gauche sont incapables d’offrir une perspective à la contestation, l’extrême-droite tente de profiter de la situation. Préjugés antivaccins, chauvinisme, souverainisme, dénonciation des immigrés…, une politique d’autant plus médiatisée qu’elle sert les intérêts de Macron, en réduisant la contestation actuelle aux antivaccins.
Mais le mouvement s’élargit alors que le 30 août le pass sanitaire entre en vigueur dans une série d’entreprises et de services publics. Dans bien des endroits, des militants syndicaux, politiques, des salariés appellent à lutter contre sur d’autres bases que la « liberté individuelle », en se démarquant des antivax et autres complotistes. Ils défendent l’intérêt collectif, dénoncent le « pass licenciement » et la politique de police sanitaire de Macron comme les camarades de la CGT TUI, de Sud Poste 92, de Sud commerces et services... qui ont pris l'initiative d'appeler à constituer des pôles ouvriers lors des manifestations de samedi.
« Quelle organisation pour les anticapitalistes et révolutionnaires » ou quel parti pour la conquête du pouvoir par les travailleurs eux-mêmes ?
Trame de l’Intervention d’Yvan Lemaitre au débat « Quelle organisation pour les anticapitalistes et révolutionnaires » dans le cadre de l’Université d’été du NPA
Je voudrais faire une première remarque pour préciser l’objet de la discussion : la vraie question qui se pose à nous n’est pas celle de l’organisation dont nous avons besoin mais bien plutôt celle de l’organisation dont les classes exploitées ont besoin pour leur émancipation par elles-mêmes et comment nous pouvons œuvrer à la construction d’un tel parti.
Je suis militant du courant Démocratie révolutionnaire, du NPA, un courant dont l’histoire illustre les difficultés de l’extrême gauche à définir une stratégie de construction du parti dont les classes exploitées ont besoin. Notre courant est né de notre exclusion-rupture avec Lutte ouvrière au lendemain de l’élection présidentielle et du mouvement de novembre décembre en 1995 après qu’Arlette Laguiller avait appelé à la construction d’un parti des travailleurs, appel rapidement remis dans sa poche. Après avoir créé Voix des travailleurs nous avons fusionné avec la LCR puis participé à la majorité qui prit l’initiative de fonder le NPA qui était pour nous une possibilité de tenter de répondre à la dérobade de LO.