« Sur la base des éléments de preuve recueillis et examinés par mon bureau, j’ai des motifs raisonnables de croire que Benyamin Nétanyahou, le premier ministre d’Israël, et Yoav Gallant, le ministre de la défense d’Israël, portent la responsabilité pénale de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire de l’État de Palestine (dans la bande de Gaza) à partir du 8 octobre 2023 au moins », c’est en ces termes que le procureur général de la Cour Pénale Internationale (CPI), Karim Khana, a requis des mandats d’arrêt internationaux contre Benyamin Nétanyahou et le ministre de la défense, Yoav Gallant. Invoquant une égalité formelle et morale devant la loi, le procureur a requis aussi des mandats d’arrêts contre trois dirigeants du Hamas.

Jeudi soir, le duel entre Attal et Bardella s’est largement apparenté à un « duo » pour reprendre le mot de Manon Aubry, duo entre deux clones tant l’un et l’autre ont voulu se montrer le plus responsable « pour l’économie », c’est-à-dire les intérêts des patrons. La rivalité a porté sur des nuances de plus ou moins de protectionnisme et de mesures soutenant les capitalistes. Quant à l’immigration, ils étaient sur le même terrain de la fermeture des frontières, Attal se félicitant d’avoir expulsé plus de migrants que d’autres pays, concédant « je vous rejoins, ce n’est pas suffisant ». Au-delà de la concurrence entre les deux arrivistes d’appareil, le débat a surtout illustré la convergence réactionnaire entre les partis libéraux et l’extrême-droite qui est à l’œuvre partout en Europe.

Ce dimanche, Darmanin a annoncé une vaste opération de gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, après l’état d’urgence prononcé mercredi dernier. Macron, Darmanin, Attal déploient leurs forces d’occupation contre la révolte qu’ils ont eux-mêmes même provoquée en faisant passer en force, au mépris des accords conclus avec les indépendantistes en 1998, deux modifications institutionnelles qui désavantagent la population kanak en assurant à la droite colonialiste, réactionnaire, une majorité dans les assemblées régionales.

Près de 3000 policiers et gendarmes ont déjà été déployés, avec des blindés, contre les manifestants et les jeunes insurgés, l’armée est dépêchée dans l’archipel, un pont aérien pour acheminer des renforts a été mis en place. Darmanin, heureux de pouvoir rivaliser avec le Rassemblement national en faisant preuve de « fermeté », a assigné à résidence au moins une dizaine de « responsables radicaux et violents », des militants qu’il a qualifiés de « mafieux » de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), la frange la plus radicale du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et des « perquisitions administratives » immédiates. Des centaines d’interpellations ont déjà eu lieu. Attal s’est vanté d’avoir interdit TikTok et les réseaux sociaux sont censurés. Les médias se déchaînent contre les « émeutiers », accusés d’être à l’origine de la violence et présentent les milices de colons armés comme exerçant une « légitime défense ». Il y a déjà eu 6 morts, dont trois manifestants dont un tué par un colon comme l’a reconnu le Haut-commissaire de la République de Nouvelle-Calédonie et deux gendarmes dont l’un d’eux a été tué accidentellement par un de ses collègues.

Une grande inquiétude gagne le monde du travail, la jeunesse, les femmes devant la dégradation de la situation sociale et politique ici, en Europe et dans le monde. Le poids des guerres pèse de plus en plus lourd sur l’économie mais aussi sur la politique et la vie sociale depuis le début de la guerre d’Ukraine puis la guerre génocidaire d’Israël contre le peuple palestinien. Sous la houlette des USA, les grandes puissances occidentales dont la France ont engagé une escalade militaire pour défendre leur position dominante dans le monde face à la concurrence des puissances capitalistes émergentes en particulier la Chine. Les budgets militaires explosent au détriment des besoins sociaux, des services publics en particulier de l’éducation et de la santé.

Macron se revendique d’une économie de guerre et prétend au réarmement du pays. Lui et les politiciens qui servent les intérêts des grands groupes capitalistes du CAC 40 veulent nous préparer à une aggravation de leur escalade militaire combinée à une stagnation voire une récession économique, à une généralisation des guerres en Europe même, au Moyen Orient, en Afrique, en Asie.

Ce 8 mai a vu les chars israéliens rentrer dans Rafah, tandis que Tsahal continue à en bombarder les quartiers d’habitation, causant des centaines de morts et de blessés supplémentaires, contraignant la population à un nouvel exode criminel. Les espoirs d’une trêve seraient encore à l’ordre du jour, nous dit-on, alors même que Netanyahou et les autorités israéliennes ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils n’en voulaient pas. L’annonce par Biden qu’il se préparerait à bloquer un envoi de bombes de 900 kg prévu pour Israël si son armée rentrait dans Rafah, ce qui est déjà fait, ne fait que souligner et l’ampleur de l’aide américaine et l’hypocrisie cynique de Biden.

Ici, pendant que le pouvoir réprime les opposants à ce génocide, militants et jeunes des facs et des lycées, Macron a expédié la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 à Paris pour se rendre à Marseille afin de participer à la mise en scène fastueuse de l’arrivée de la flamme olympique. La propagande officielle se concentre sur l’Olympisme, la compétition entre les peuples pour glorifier là encore le nationalisme en célébrant la flamme... une invention de Goebbels pour les jeux de Berlin en 1936 alors que se préparait la deuxième guerre mondiale.

La célébration du soixantième anniversaire de la reconnaissance par De Gaulle, en 1964, de la République populaire de Chine, la Chine de Mao, et de l’ouverture de relations diplomatiques franco-chinoises, a été l’occasion, les 6 et 7 mai, d’une rencontre entre Xi Jinping et Macron. Macron a tenté de poser au représentant de l’Europe en appelant la présidente de la Commission européenne à la rescousse lors de leur première rencontre pour discuter guerre commerciale et guerre d’Ukraine. Ursula Von der Leyen a planté le décor : « Comme nous l’avons déjà montré, nous défendrons nos entreprises, nous défendrons nos économies. Nous n’hésiterons jamais à le faire lorsque cela sera nécessaire », pour demander à la Chine de réduire « ses surcapacités industrielles » : « Alors que la demande intérieure chinoise n’augmente pas, le monde ne peut pas absorber la production excédentaire de la Chine ». Macron a lui joué sa partition du « en même temps » pour tenter de prendre de la hauteur et défendre une concurrence « loyale » prenant en compte la réalité de « l’ordre du monde » au nom d’une politique de « réciprocité » et de « réindustrialisation » sans écarter une « protection ». Tout et son contraire en espérant que l’emphase et la mise en scène puissent donner un peu de crédibilité à sa politique fantaisiste sinon vis-à-vis de Xi Jinping, du moins vis-à-vis des électeurs alors que la candidate de Renaissance pour les européennes voit avec angoisse la perspective du crash...

Lundi 29 avril, Le Maire présentait aux députés son « programme de stabilité 2024-2027 » avec « pour objectif d’exposer les prévisions de croissance et la trajectoire des finances publiques que le Gouvernement s’est fixée à horizon 2027 ». Si l’on en croit cette « trajectoire », le déficit passerait de 5,5 % à 5,1 % du PIB cette année, à 3 % en 2027. Concernant la dette (110,6 % du PIB), elle « s’inscrirait en baisse à compter de 2026 »… Ces « prévisions » s’accompagnent de ce qui permettrait d’y parvenir : « la croissance et le plein emploi », « les réformes de structure comme la réforme de l'assurance chômage ou la simplification pour toutes les PME », « la réduction des dépenses ».

Blinken, chef de la diplomatie américaine, vient de terminer une énième tournée au Moyen-Orient. Il y était venu pour faire la promotion de la prétendue offre de trêve proposée par Israël au Hamas, qu’il a qualifiée d’« extraordinairement généreuse de la part d’Israël », dans le même temps qu’il affichait les prétendues préoccupations humanitaires des USA au moment où se met en place un port au large de Gaza dont la construction a été justifiée par l’aide humanitaire mais dont on ne peut ignorer les objectifs militaires possibles. Dans le même temps, Netanyahou réaffirmait publiquement : « L’idée que nous allons arrêter la guerre avant d’avoir atteint tous nos objectifs est hors de question. Nous allons entrer dans Rafah et y éliminer les bataillons du Hamas, avec ou sans accord de trêve, afin d’obtenir une victoire totale ». Et, en préparation de l’offensive au sol, à Rafah, les bombes israéliennes font des morts et des blessés tous les jours, Gaza crie famine.

Jeudi 25 avril, Macron s’est mis en scène à la Sorbonne, pour tenter, en vain, de décoller dans les sondages des élections européennes. Il a posé au grand défenseur de l’Europe de la guerre et de l’Europe forteresse, « l’Europe puissance » ! Il appelle ainsi à « une défense crédible » centrée autour du « pilier européen de l’Otan », pour assurer la sécurité d’une Europe « encerclée » par des « puissances régionales désinhibées », telles que la Russie et l’Iran.

Le ton est donné, celui d’un discours xénophobe de défense du monde occidental, regroupant les Etats-Unis et la vieille Europe, contre le reste du monde. Une politique belliciste, au cœur de la guerre par procuration en Ukraine et du soutien de ces grandes puissances à la guerre génocidaire de Netanyahou à Gaza.

« Nous n’abandonnons pas nos alliés, nous les soutenons. Nous ne laissons pas les tyrans gagner, nous nous opposons à eux. Nous n’assistons pas en spectateurs aux évolutions du monde, nous les façonnons. […] Voilà ce que cela signifie d’être une superpuissance mondiale », a déclaré Biden le soir du 24 avril après avoir signé l’accord voté la veille par le Congrès américain.

Celui-ci a adopté, à l’issue d’une longue période de blocage d’une partie des élus Républicains, une enveloppe de 95,3 milliards de dollars destinés à l’Ukraine -pour 61 milliards-, Israël et Taïwan. Le fait d’avoir réuni ces trois pays dans un même paquet d’aides montre que ces conflits ne sont pas des conflits séparés, isolés, mais font partie d’une même offensive militaire des Etats-Unis et de l’Otan pour imposer partout dans le monde un rapport de forces en leur faveur.